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Intervention de André Chassaigne

Séance en hémicycle du mercredi 15 juillet 2020 à 15h00
Déclaration de politique générale du gouvernement débat et vote sur cette déclaration

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaAndré Chassaigne :

Combien de crises de cette ampleur faudra-t-il donc traverser pour que vous mesuriez que notre pays a besoin d'un service public hospitalier fort, libéré des logiques comptables et managériales, et d'un système de santé indépendant, notamment dans le domaine du médicament ?

Vous parlez des « jours heureux », et vous annoncez un plan de relance petit bras ! Les Français, les salariés savent que cette promesse ne fonctionne pas avec la doctrine des richesses accumulées par les premiers de cordée qui ruisselleraient sur les premiers de corvée, auxquels vous faites du chantage à l'emploi pour justifier des baisses de salaires. Déjà exorbitante, votre politique de l'offre devient dangereuse en plus d'être inefficace. Alors que les salaires stagnent ou baissent et que le chômage va exploser, c'est tout simplement un contresens économique. Il faut, au contraire, soutenir la demande pour enrayer au plus vite l'augmentation de la pauvreté et de la précarité.

Votre « monde d'après » ne sera pas non plus celui de la justice fiscale, qui est pourtant la condition sine qua non de la solidarité et de la lutte contre les inégalités. Circulez, il n'y a rien à voir ! On ne touche pas au grisbi, quoi qu'il en coûte pour les plus fragiles. Et quoi qu'il en coûte aussi pour notre politique industrielle, si malmenée, et pour tous les emplois détruits que cela induit : là non plus vous ne changez pas de logiciel. Si la succession des plans de soutien sectoriels annoncés pour les industries les plus touchées peut faire office de mesure de trésorerie utile, elle ne changera pas grand-chose si elle se limite à renflouer des entreprises sans contreparties en matière d'emploi, d'engagement écologique ni de souveraineté économique.

Quant à votre petite musique de décentralisation, elle aggraverait d'autant plus les fractures territoriales que vous ne payez jamais les pipeaux. La délégation des politiques publiques au niveau local, c'est « oui » si elle est accompagnée des moyens correspondants, mais ce sera toujours « non » s'il s'agit de réduire le périmètre d'intervention de l'État, à l'heure où nous avons plus que jamais besoin d'un État stratège et protecteur.

Les Françaises et les Français sont meurtris, mais ils sont lucides. Ils refusent que la belle espérance des « jours heureux » soit détournée au profit des seuls puissants. C'est pourquoi, les députés communistes refusent d'accorder leur confiance à votre gouvernement. Hier, le défilé parisien du 14 juillet avait pour thème : « Une nation engagée, unie et solidaire ». Une nation engagée, unie et solidaire, ça ne se décrète pas, ça se gagne !

1 commentaire :

Le 27/07/2020 à 19:54, Laïc1 a dit :

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Pas de référendums, pas d'engagement, d'unité et de solidarité.

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