Intervention de Fabrice Le Vigoureux

Séance en hémicycle du mardi 22 septembre 2020 à 15h00
Programmation de la recherche — Article 2

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaFabrice Le Vigoureux :

Pour ce qui est de l'horizon temporel de cette programmation de la recherche, depuis hier on entend dire sur les bancs de l'opposition qu'il est trop éloigné, et qu'il faudrait rattraper en deux ou trois ans le sous-investissement dont souffre la recherche depuis des décennies. Il faut tout de même faire preuve d'un peu d'honnêteté intellectuelle et reconnaître que, si cette loi de programmation prévoit 25 milliards d'euros sur dix ans, elle va également permettre la mise en oeuvre de mesures de rattrapage très significatives – et très attendues – dès la fin de ce quinquennat.

Dès 2021, on prévoit qu'aucun maître de conférences ne sera recruté à moins de deux fois le SMIC. La dernière fois qu'on a mis en oeuvre une telle mesure en France, c'était en 1990 : on rattrape en un an trente ans de dégradation permanente des salaires d'entrée dans la carrière universitaire !

Dès 2021, tous les maîtres de conférences et les chargés de recherche bénéficieront d'une augmentation comprise entre 1 000 et 1 300 euros. Cela faisait bien longtemps qu'un tel signal n'avait pas été adressé – et encore ce coup d'accélérateur n'est-il que l'amorce d'un grand plan de revalorisation des carrières.

Dès 2021, on augmente le financement de base de tous les laboratoires de 10 % – et de 25 % en 2023.

Dès 2021, avec la contribution du taux de relance, le taux de sélection des projets soumis à l'Agence nationale de la recherche va enfin dépasser les 20 %. Je rappelle qu'il y a quelques années, nous n'en étions encore qu'à 11 % – un taux absolument décourageant pour les équipes, qui a sans doute empêché certains bons projets d'émerger.

Dès 2021, grâce au plan de relance, on multiplie par cinq les garanties des prêts accordés aux étudiants.

Dès 2021, on rend enfin éligibles les universités au grand plan de rénovation thermique tant attendu.

Dès 2021, on engage un plan de recrutement de 5 200 personnes, avec des postes d'enseignant-chercheur, des fonctionnaires, des titulaires sous plafond État – je rappelle que nous en avons perdu 3 500 au cours du dernier quinquennat.

Oui, nous pouvons à la fois nous projeter sur dix ans pour soutenir la recherche, qui doit se déployer sur le temps long, et prendre des engagements forts à très court terme.

Après une décennie de sécheresse budgétaire, qui devrait nous amener à un peu d'humilité sur tous les bancs, réjouissons-nous que le Gouvernement prenne enfin les choses en main.

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