Intervention de Cédric Villani

Séance en hémicycle du lundi 5 octobre 2020 à 16h00
Mise sur le marché de certains produits phytopharmaceutiques — Article 1er

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaCédric Villani :

Cet article est fondé sur un renoncement et quelques mythes.

Le renoncement concerne l'engagement évoqué par M. Falorni tout à l'heure : le 8 août 2016, le principe de non-régression en matière environnementale avait été inscrit dans la loi. Pourquoi le législateur s'est-il doté, dans ce domaine spécifique, d'un tel principe ? Parce que nous sommes face à une catastrophe environnementale généralisée, d'une ampleur telle – « la maison brûle et nous regardons ailleurs » – que nous ne pouvons plus prendre le moindre risque d'atermoiement. Nous n'avons plus le luxe de tergiverser.

Eh bien oui, même si c'est contraignant, nous devons suivre cette discipline de société. De nouvelles raisons d'y renoncer apparaîtront toujours – une année plus chaude qu'une autre, une catastrophe d'une ampleur exceptionnelle – , nous poussant à reverser toujours sur l'environnement nos propres déboires, liés à nos défauts d'organisation.

Quel poids aura la France demain, quand elle voudra donner des leçons d'écologie au monde ? On lui répondra : « Vous nous avez donné des leçons en 2016, en inscrivant le principe de non-régression dans la loi, et en vous plaçant à la pointe, en matière de néonicotinoïdes, mais à la première difficulté vous avez renoncé. »

J'en viens aux mythes entendus ces dernières heures. L'enrobage serait une technique ciblée ? Non, en fait, il permet au poison de se répandre partout. La substance attaquerait juste les abeilles, et il suffirait de compenser cette autorisation en prenant des mesures en faveur des abeilles ? Non, elle attaque tout, comme cela a déjà été dit.

Quant à l'argument selon lequel les betteraves ne fleurissent pas, et le miel de betterave n'existe pas : c'est incroyable qu'on l'entende encore dans cet hémicycle après tous les débats que nous avons eus, notamment en commission !

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