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Intervention de Jean-Michel Blanquer

Séance en hémicycle du mardi 13 octobre 2020 à 15h00
Questions au gouvernement — Gestion de l'épidémie à l'école

Jean-Michel Blanquer, ministre de l'éducation nationale, de la jeunesse et des sports :

D'autre part, vous vous interrogez sur le respect des conditions sanitaires et prétendez que le protocole sanitaire a été préparé quatre jours avant la rentrée. Je me souviens de vous nous reprochant de l'avoir élaboré au mois de juillet en affirmant qu'à la fin août se poserait un problème d'adaptation. En réalité, nous l'avons en effet adopté en juillet puis adapté à la fin août car la méthode la plus pertinente consiste à fixer un cadre à l'avance puis à prendre des mesures d'adaptation en fonction de la situation.

Les chiffres dont nous disposons ne sont pas mauvais ; ils sont très comparables aux autres secteurs de la société. Lorsque Santé publique France agrège les chiffres des écoles, collèges, lycées et universités, la focale n'est pas adaptée parce que la réalité des universités n'a rien à voir avec celle des écoles, des collèges et des lycées, et parce que la population concernée dépasse alors 15 millions de personnes ! Il est normal, dès lors, que les chiffres soient élevés.

Quant à ce qu'on appelle des clusters et qu'en bon français on devrait appeler des foyers, ils ne représentent que 20 % des contaminations.

En clair, vos propos sont destinés à effrayer mais ne correspondent pas à la réalité d'une contamination particulière dans les écoles. Depuis sept jours, 5 279 élèves sont atteints par le virus, soit 0,04 % du nombre total des élèves. En outre, comme vous le savez, ce virus ne provoque pas chez les enfants de symptômes particulièrement graves. Seules vingt-quatre structures scolaires sur 60 000 sont fermées. Vous le voyez, rien ne sert d'inquiéter !

4 commentaires :

Le 21/10/2020 à 10:54, Laïc1 a dit :

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5279 élèves contaminés, mais combien de tests pratiqués ? Vous connaissez les proportionnalités en mathématiques, ou pas du tout?

Vous trouvez ce commentaire constructif : non neutre oui

Le 21/10/2020 à 10:57, Laïc1 a dit :

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Rappelons pour Monsieur Blanquer que des études ont montré que la présence du virus chez les jeunes enfants pouvait être 100 fois supérieure à celle chez les adultes. Et on se demande comment une présence 100 fois supérieure pourrait être moins contaminante qu'une présence 100 fois inférieure. Un mystère à résoudre.

Vous trouvez ce commentaire constructif : non neutre oui

Le 21/10/2020 à 11:02, Laïc1 a dit :

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Voilà un extrait de presse qui devrait intéresser M. Blanquer :

"Les syndicats d’enseignants et de personnels des établissements scolaires du département appellent à une journée de grève et de manifestation le 17 novembre pour réclamer un «plan de rattrapage pour les services publics».

«Sur le terrain, ça tire», résume S. D., directrice d’une école à Pantin. Yeux maquillés de khôl noir et traits tirés, elle déroule, lors d’une conférence de presse à la Bourse départementale du travail à Bobigny (Seine-Saint-Denis) mercredi soir, toutes les difficultés auxquelles elle est confrontée en cette rentrée marquée par la crise sanitaire. Pénurie de remplaçants, pas de moyens supplémentaires pour aider les élèves en difficulté ou manque de points d’eau : «On a une douzaine de lavabos pour 170 élèves donc il y a la queue le matin et encore, on est bien lotis parce que le bâtiment est assez récent. Là où j’étais avant, à Aubervilliers, il n’y a que huit lavabos pour deux écoles, soit 600 élèves environ !»

Pas facile d’appliquer le protocole sanitaire à la lettre donc, comme le déplore K. B., directeur d’école élémentaire à l’Ile-Saint-Denis et représentant Snuipp-FSU 93 : «Les locaux, qui sont souvent dans un état déplorable en Seine-Saint-Denis, ne sont pas toujours propres. Une enseignante de mon école a été testée positive et il a fallu que je me batte avec la mairie pour que sa salle soit nettoyée. Depuis fin septembre, ça s’est sérieusement dégradé pour tout le monde.» L’épidémie et «l’impréparation totale de l’Education nationale» en cette rentrée n’ont selon lui fait qu’amplifier les inégalités déjà existantes sur ce territoire. Son syndicat, réuni avec d’autres dans une instersyndicale représentant les différents corps de métiers de l’Education nationale, appelle à une grève dans les établissements scolaires du département le 17 novembre.

«Là, c’est pire que tout»

Dans ce département le plus pauvre de métropole, qui a connu au printemps l’une des plus fortes surmortalités liée au Covid, les élèves ont particulièrement besoin d’être encadrés. Les profs les ont retrouvés fatigués, désorientés après des mois sans école et très stressés par l’épidémie. Or les établissements manquent d’infirmières, d’assistantes sociales, d’agents techniques du département, d’accompagnants pour les enfants en situation de handicap, de psychologues, de médecins scolaires – avec souvent un seul médecin pour tous les établissements d’une commune – et aussi d’enseignants.

«On tirait déjà la sonnette d’alarme avant l’épidémie mais là c’est pire que tout. Entre les maladies habituelles, les cas positifs au Covid et les cas contacts, on a énormément de postes qui ne sont pas remplacés», dénonce K. B.. Résultat : au revoir la distanciation sociale, les élèves sont répartis dans les classes. «On est sur tous les fronts, avec souvent des jeunes entassés dans les salles. On est très fatigués, au bout du rouleau», alerte ce directeur d’école. Ce dernier l’assure : les profs signalés comme cas contacts sont incités à ne pas s’isoler, et donc à taire leur situation aux collègues et aux familles, pour éviter l’hécatombe de personnel.

«Une forme d’amateurisme»

Les syndicats dénoncent aussi un manque de communication, pour ne pas dire une grande opacité, autour des élèves testés positifs. «Certains collèges n’auraient, comme par magie, aucun élève malade du Covid, pointe ironiquement Grégory Thuizat, cosecrétaire départemental du SNES-FSU 93. Ce professeur de français raconte avoir récemment exercé un droit de retrait avec ses collègues après avoir découvert qu’une élève testée positive avait pu poursuivre les cours, l’air de rien, alors que la direction de l’école était au courant. «Sous la pression, elle a fini par nous le révéler au bout d’une semaine ! Les directions d’établissements ont clairement reçu comme message de ne pas se laisser entraîner sur le terrain sanitaire pour garder le plus d’établissements ouverts», affirme-t-il, estimant que le rectorat se montre plus prompt à dénoncer l’absentéisme.

Vous trouvez ce commentaire constructif : non neutre oui

Le 24/10/2020 à 16:43, Laïc1 a dit :

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Pour une rentrée suite aux vacances d'octobre "dans la joie" pour reprendre l'expression de M. Blanquer, la démission de celui-ci, pour une vrai politique de lutte contre le COVID-19 dans les écoles ?

Voici un article extrait du café pédagogique, très instructif :

Guislaine David : "La sécurité sanitaire n'est pas assurée dans les écoles"

"C'est comme le nuage de Tchernobyl. En France le virus s'arrête à la porte des écoles". Co-secrétaire générale du Snuipp Fsu, le premier syndicat des enseignants du 1er degré, Guislaine David réagit au nouvel avis du Haut Conseil de la Santé Publique (HCSP) du 17 septembre. Outre la navigation à vue du ministère, elle dénonce le manque de sécurité sanitaire dans les écoles.

Le ministère annonce un millier de professeurs malades du Covid. Quel bilan sanitaire faites vous de la rentrée, notamment du nombre d'enseignants en quarantaine ?

C'est compliqué d'avoir des chiffres. On pense d'ailleurs que le ministère n'a pas de données en temps réel. Ce qui nous remonte c'est qu'il y a plus de classes fermées et d'enseignants touchés que ce qu'il dit. On n'est qu'à la 3ème semaine après la rentrée et on a déjà beaucoup de classes fermées. C'est ce qui nous inquiète. On sait que les Dasen ont une politique de minimisation des faits. Et que 7 huitièmes des structures fermées sont des écoles . Il y a beaucoup plus d'écoliers touchés par le Covid que de collégiens et lycéens.

Selon le HCSP, les enfants ne sont pas contagieux ni entre eux ni vers les enseignants. Qu'en pensez vous ?

Le HCSP dit qu'ils sont "moins contaminants". Mais c'est là qu'est le risque. Ils sont capables d'infecter des enfants et des adultes. Une étude étrangère dit d'ailleurs que les enfants ont une charge virale aussi importante que les adultes. Des médecins en France disent aussi que les enfants peuvent être contaminants.

C'est comme avec le nuage de Tchernobyl : le virus s'arrête à la porte des écoles. En France on fait l'autruche. C'est inquiétant car la contamination faite dans les écoles peut gagner les familles. On se rappelle aussi qu'iln'y a que quelques semaines le premier ministre conseillait aux grands parents de ne pas aller chercher leurs petits enfants à l'école. Trois semaines plus tard, le risque aurait disparu ? Ces discours qui changent toutes les semaines sont insupportables. Que doivent dire les directeurs aux familles?

On a l'impression d'une navigation à vue dans un but uniquement économique : préserver les entreprises, faire en sorte que leurs salariés viennent travailler.

Les masques Education nationale sont le seul rempart pour empêcher l'épidémie de progresser. Vous paraissent-ils suffisants ?

Des ARS ont écrit que le seul masque protecteur est le masque chirurgical. Là aussi on observe une impréparation au plus haut sommet de l'Etat. On est passé du masque inutile au masque tissu efficace en 6 mois. Cela créé une insécurité pour les enseignants.

Le HCSP dit que les professeurs exerçant dans une classe où un élève est malade n'est pas cas contact. Qu'en pensez-vous ?

Ce qu'en pensent aussi certains médecins. Il y a eu des contaminations dès avant le 13 mars . Il n'y a pas de raison que ça s'arrête. Dans les classes, avec 26 élèves en élémentaire, 30 en maternelle, on ne respecte pas les règles de distanciation. Les élèves sont brassés. Le port du masque n'est pas recommandé aux enfants donc quand l'un d'entre eux va tousser cela créera des cas contacts. Le risque de dire que les enfants sont très peu porteurs d ela maladie c'est que plus aucune précaution ne soit prise dans et hors de l'école. Il n'ya aura pas non plus d'isolement si la contamination a lieu.

Globalement le ministère prend-il assez en compte le risque sanitaire dans les écoles ?

On est dans l'impréparation et l'imprécision. Et ça on le dit depuis le 15 août. Cette rentrée n'a pas été préparée par le ministère. JM Blanquer parle de "rentrée dans la joie". Mais, si les enseignants étaient enthousiastes à l'idée de reprendre l'école, il y a aujourd'hui beaucoup d'inquiétude. Car la sécurité sanitaire n'est pas assurée dans les écoles pour les personnels comme pour les élèves. On constate aussi que le plan de continuité prévu en cas de circulation très active du virus, n'est pas mis en oeuvre alors que le virus est très actif dans de nombreux départements. ON avait aussi entendu le ministre dire qu'il aurait une solution de garde en cas de fermeture de classe. Mais rien ne semble concrètement avoir été prévu. ON ne va plus fermer de classe. Et les enseignants seront au travail. Mais pas protégés.

Que demandez vous ?

On demande au ministre d'assurer la protection des enseignants. On va refaire cette demande en CHSCT. On ne s'attendait pas à ces propos ministériels face au redémarrage de l'épidémie. On ne s'attendait pas à un allègement du protocole alors qu'on demande un durcissement.

Propos recueillis par F Jarraud

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