Intervention de Jean-Paul Mattei

Séance en hémicycle du lundi 26 octobre 2020 à 15h00
Projet de loi de finances pour 2021 — Plan de relance

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaJean-Paul Mattei :

Le plan de relance est une occasion historique d'accélérer la reprise et la transformation de l'économie dans de nombreux domaines, comme la transition écologique, la cohésion sociale ou encore la numérisation. L'importance des crédits déployés nous oblige à être exigeants et ambitieux. Le Gouvernement a d'ores et déjà engagé des discussions avec les parlementaires sociaux sur l'égalité femmes-hommes et le partage de la valeur au sein de l'entreprise, et notre groupe a déposé des amendements invitant notamment les entreprises bénéficiaires du plan de relance à généraliser l'intéressement.

La troisième condition est l'adaptation rapide et territorialisée des mesures du plan de relance. Nous devons non pas nous cantonner au financement d'anciens projets sortis des cartons des administrations, mais viser l'innovation sociale et territoriale par l'injection rapide des fonds dans les territoires et les entreprises. Il faut par ailleurs que ces crédits soient répartis de façon égale entre grandes et petites collectivités, entre grandes et petites entreprises. Les petites communes, les TPE et les PME devront être accompagnées dans la création et le suivi de leurs demandes de crédits. En outre, donner une place aux parlementaires dans les comités territoriaux de relance, aux côtés des élus locaux et des administrations déconcentrées, me semble indispensable, comme l'a souligné notre collègue Anne-France Brunet.

Outre ces trois conditions préalables à la bonne réalisation du plan de relance, nous visons un rétablissement général de l'économie qui soit supérieur à l'absorption du choc de 2020. L'augmentation de la dette et du déficit, que le plan de relance porte à un niveau inédit, n'a de sens que si l'argent public ainsi mobilisé est bien utilisé : elle elle nous impose d'être plus soucieux encore de son contrôle et de son évaluation. C'est la quatrième condition de la réussite du plan de relance. Certains ici considèrent qu'il faudrait dépenser sans compter ni contrôler pour relancer la machine car, de toute manière, la dette publique ne sera jamais remboursée. Les députés démocrates s'inscrivent en faux contre de telles illusions : la dette sera remboursée d'une manière ou d'une autre, et le meilleur moyen d'y arriver est de retrouver le chemin de la croissance.

Si nous remplissons ces quatre conditions, nous ferons reculer cet anesthésiant puissant qu'est l'incertitude. Pour faire progresser la confiance et reprendre l'initiative, à notre niveau, dans l'hémicycle, en saluant le travail extraordinaire des soignants, nous agissons de façon complémentaire au travail des chercheurs contre le virus, pour que chaque citoyen, chaque entreprise, puisse à nouveau croire en l'avenir.

Aucun commentaire n'a encore été formulé sur cette intervention.

Cette législature étant désormais achevée, les commentaires sont désactivés.
Vous pouvez commenter les travaux des nouveaux députés sur le NosDéputés.fr de la législature en cours.