Intervention de Marie-George Buffet

Séance en hémicycle du lundi 7 décembre 2020 à 16h00
Code mondial antidopage et lutte contre le dopage — Discussion générale

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaMarie-George Buffet :

… quand les enjeux financiers conduisent à fermer les yeux. On sait aussi ce que peut être le dopage d'État, déguisé en patriotisme.

Mais j'ai surtout vu des femmes et des hommes se battre pour un sport propre. Ces athlètes, ces encadrants, ces cadres d'État, ces dirigeantes et dirigeants de fédération, ces bénévoles dans les clubs, ces journalistes aussi forment la majorité, l'immense majorité. Ils sont l'honneur du sport français.

En 1999, la France a adopté une loi contre le dopage. Ce n'était pas le premier texte en la matière, mais notre pays s'est alors tourné vers l'Union européenne, puis vers le CIO et l'UNESCO, car la réponse contre le dopage n'a de sens qu'à l'échelle mondiale. Je suis donc convaincue de l'utilité de l'AMA et du code mondial antidopage. Comme toute instance internationale, l'Agence a ses failles, mais son rôle est primordial.

Il en va de même de notre agence nationale, l'AFLD, dont il convient de saluer le travail. Ses moyens doivent être augmentés pour qu'elle puisse exercer pleinement ses missions, qui seront étendues à la prévention et à l'éducation conformément aux standards internationaux, et auxquelles s'ajoutent des missions liées aux Jeux olympiques et paralympiques de 2024. Elle doit y faire face tout en maintenant – c'est essentiel – sa vigilance en matière de sport amateur.

Les événements internationaux que nous accueillerons ne pourront souffrir du moindre dysfonctionnement en la matière. Ministère chargé des sports, AFLD, Agence nationale du sport, Comité national olympique et sportif français, comités d'organisation, tous seront au rendez-vous si nous leur en donnons les moyens et que nous articulons correctement les compétences de chacun d'entre eux.

Je tiens à saluer les amendements déposés par le rapporteur, en particulier celui qui vise à ramener de neuf à six mois le délai dans lequel l'ordonnance devra être prise. Cette durée me semble beaucoup plus appropriée.

Chers collègues, la bataille contre le dopage s'inscrit dans une démarche plus large en faveur de l'éthique dans le sport, travail mené par le ministère chargé des sports. Elle pose aussi la question de la protection des sportives et des sportifs, de leur intégrité physique et psychique, sur laquelle nous devons continuer à travailler.

En conclusion, je rappellerai qu'en cette période de crise, le sport, qu'il soit professionnel, amateur ou de haut niveau, est fragile. Au-delà des nécessaires mesures d'urgence, il nous faut donc oeuvrer à des réponses structurelles. Un débat plus large devra se tenir au Parlement sur notre modèle sportif, sur ses moyens et surtout sur ses fins. De nombreux dossiers restent encore en suspens, d'où l'intérêt – et je sais que Mme la ministre déléguée nourrit cette ambition – , d'inscrire un projet de loi-cadre relatif au sport à l'ordre du jour de notre assemblée.

Soucieux de voir la France se montrer irréprochable en matière de lutte contre le dopage pour protéger aussi bien le sport et les athlètes que la santé publique, le groupe de la Gauche démocrate et républicaine votera en faveur de ce texte.

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