Intervention de Gérard Leseul

Séance en hémicycle du mercredi 13 janvier 2021 à 21h00
Maisons france services

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaGérard Leseul :

Je remercie nos collègues du groupe Agir ensemble d'avoir inscrit la question des maisons France services à l'ordre du jour.

Pour de très nombreux usagers, l'attente, l'absence de réponse, les réponses automatiques sont les principaux fléaux dans les services publics et marquent parfois une certaine déshumanisation. Il est agaçant d'être renvoyé de service en service, voire d'être renvoyé sur internet, pour un nombre croissant de démarches administratives. S'équiper d'un ordinateur, d'une imprimante, d'un scanner, disposer des compétences requises, tout cela a un coût. Beaucoup de nos concitoyens ont l'impression que l'État les délaisse et, par la numérisation, externalise ses charges.

En novembre 2017 déjà, une enquête publiée par le Centre de recherche pour l'étude et l'observation des conditions de vie, le CREDOC, soulignait le sentiment d'abandon par les pouvoirs publics éprouvé par une partie de la population : une personne sur trois estimait vivre dans un territoire délaissé. Ce sentiment d'abandon est à la fois géographique et social. Cette perception est très forte dans les territoires situés en dehors des grandes aires urbaines. En 2018, le mouvement des gilets jaunes a mis cette réalité en lumière de manière crue : la colère populaire a notamment pris racine dans les territoires isolés, précisément là où l'État a peu à peu reculé en supprimant un grand nombre de services publics.

Il convient d'en tirer une leçon : aussi utiles soient-ils, le développement du numérique et la dématérialisation des procédures administratives ne peuvent pas être une fin en soi. Le processus doit absolument s'accompagner d'une présence humaine dans les territoires, pour orienter, guider, conseiller et aider les administrés. C'est fondamental pour assurer la cohésion du pays, sa solidité, la solidarité en son sein ; personne ne doit être laissé de côté.

Plusieurs orateurs l'ont rappelé, à la suite du grand débat national et pour tenter de répondre à la crise sociale, le Président de la République a annoncé, le 25 avril 2019, la création d'un réseau France services. Celle-ci poursuit trois objectifs : une amélioration de l'accessibilité des services publics, une simplification des démarches administratives pour lutter contre l'errance administrative et un renforcement de la qualité de service grâce à l'affectation d'agents polyvalents, laquelle nécessite, cela a été dit, de la formation. Cette idée, largement inspirée des maisons de services au public mises en place durant le précédent quinquennat, doit être ambitieuse, madame la ministre.

Aujourd'hui se pose la question du rythme de déploiement des maisons France services à travers le territoire. Promesse a été faite que chaque canton serait doté d'un tel équipement d'ici à 2022.

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