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Intervention de Pascal Brindeau

Séance en hémicycle du jeudi 4 février 2021 à 9h00
Respect des principes de la république — Après l'article 1er

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaPascal Brindeau :

Si l'on vous suivait, l'État devrait considérer nos concitoyens d'abord comme appartenant à une communauté religieuse, et non pas comme des citoyens à part entière, qu'ils soient croyants ou non-croyants. La seule apparence nous conduirait dès lors à estimer que les citoyens concernés ne seraient pas des citoyens comme les autres, mais les représentants d'une communauté religieuse. Or, aux termes de la loi de 1905, la République ne reconnaît aucun culte et protège la liberté d'exercice de tous les cultes.

Ensuite, à l'évidence, et quelle que soit la précision des amendements ici en discussion, leur caractère opérationnel pose problème. En effet, comment définir ce qu'est un espace de service public ? Comment apprécier le caractère ostensible d'un signe religieux qui en ferait une marque de prosélytisme susceptible de choquer certains de nos concitoyens ? Je le répète, il s'exerce bien, dans tel ou tel quartier, dans telle ou telle ville, une pression sociale sur certains de nos concitoyens, sur des jeunes filles qui doivent porter le voile sous peine d'être catégorisées par leurs voisins, mais les solutions que vous préconisez ne résoudront pas ces situations inacceptables, car ceux qui font acte de militantisme politique trouveront de toute façon des biais pour poursuivre leur action. De surcroît, si on pousse votre raisonnement jusqu'à son terme, il faudra interdire le voile partout dans l'espace public, ce qui serait emprunter une voie dangereuse, nous amenant à stigmatiser ceux de nos concitoyens musulmans qui, eux, embrassent la République, veulent vivre avec nous au sein de la République.

La solution serait que la République tienne ses promesses. De fait, c'est parce qu'elle n'a pas tenu sa promesse d'intégrer ces citoyens, avec leurs spécificités culturelles, avec leurs croyances mais aussi avec leur volonté d'être des citoyens français à part entière qu'ils se retrouvent au milieu du gué. Ils sont, d'une certaine manière, et pardon de le dire ainsi, une variable d'ajustement des politiques que nous pourrions appliquer pour tenter de régler un problème réel.

C'est d'une certaine façon, monsieur le ministre, et nous aurons l'occasion d'en reparler, la grande faiblesse de ce projet de loi. D'ailleurs, dans le discours qu'il a tenu aux Mureaux, le Président de la République a demandé qu'on trouve des solutions pour que la République tienne ses promesses envers les jeunes des quartiers sensibles et ceux de nos concitoyens qui vivent dans la précarité. La précarité, quand ce n'est pas la puissance publique qui se charge de la réduire, ce sont des associations qui poursuivent des buts politiques précis qui s'y emploient. Elle est là, la réponse : il faut, je le répète, que la République tienne sa promesse envers nos concitoyens musulmans qui veulent embrasser ses valeurs et ses principes.

2 commentaires :

Le 13/02/2021 à 13:24, Laïc1 a dit :

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" Si l'on vous suivait, l'État devrait considérer nos concitoyens d'abord comme appartenant à une communauté religieuse, et non pas comme des citoyens à part entière, qu'ils soient croyants ou non-croyants. La seule apparence nous conduirait dès lors à estimer que les citoyens concernés ne seraient pas des citoyens comme les autres, mais les représentants d'une communauté religieuse. Or, aux termes de la loi de 1905, la République ne reconnaît aucun culte et protège la liberté d'exercice de tous les cultes."

C'est ce que je ne cesse de dire depuis des années, depuis 1989 en fait... Il ne reste plus qu'à appliquer ce raisonnement aux élèves et à demander l'abrogation de la loi de 2004.

Vous trouvez ce commentaire constructif : non neutre oui

Le 13/02/2021 à 13:27, Laïc1 a dit :

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Ils font des lois politiques au nom de la laïcité, alors qu'en fait ils violent la laïcité.

Vous trouvez ce commentaire constructif : non neutre oui

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