⚠️ Attention : du fait de profonds changements sur le site de l'Assemblée, les compte-rendus des commission
ne peuvent plus être intégrés depuis avril 2020. Notre équipe de bénévoles travaille à trouver des palliatifs à cette situation.
Par ailleurs depuis la pandémie, l'Assemblée ne publie plus les présences aux réunions de commissions.

Intervention de Valérie Rabault

Séance en hémicycle du jeudi 18 février 2021 à 9h00
Aide individuelle à l'émancipation solidaire — Discussion générale

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaValérie Rabault :

La proposition de loi AILES – aide individuelle à l'émancipation solidaire – est une proposition de la jeunesse, puisqu'elle a reçu près de 6 000 contributions. Elle est aussi une proposition pour la jeunesse – c'est en effet le premier texte pour la jeunesse de ce quinquennat.

Lors de son allocution du 14 juillet dernier, le Président de la République a déclaré que la jeunesse devait être la priorité de la relance. Il a certes raison mais, depuis lors, on constate que la jeunesse est la grande absente de la relance. Il est donc grand temps de corriger cette situation et, mes chers collègues de la majorité, vous en avez l'occasion aujourd'hui avec cette proposition de loi.

La priorité que nous devons donner à la jeunesse doit nous encourager à dépasser les bisbilles politiciennes, et je souhaite que cet état d'esprit prévale ce matin. Si vous acceptez le challenge, si vous acceptez un débat ouvert et sans a priori, permettez-moi de vous donner cinq raisons pour lesquelles je crois qu'il faut voter les avancées proposées par la proposition de loi AILES.

Première raison : madame la ministre déléguée, vous dites qu'il ne faut pas enfermer les jeunes dans des parcours d'assistanat, mais alors que vingt-trois des vingt-sept pays de l'Union européenne et la quasi-totalité des pays de l'OCDE, l'Organisation de coopération et de développement économiques, ouvrent leurs minima sociaux aux jeunes dès l'âge de 18 ans, et même s'il existe, bien sûr, des variantes d'un pays à l'autre, selon que les jeunes concernés poursuivent leurs études ou vivent chez leurs parents, la France, qui a, à juste titre, la réputation d'être l'un des pays les plus généreux en matière sociale, apparaît aujourd'hui, avec cette crise, comme le moins généreux envers sa jeunesse. Il est grand temps de corriger cette anomalie.

Deuxième raison : nous sommes confrontés à une réelle situation de pauvreté. Pouvons-nous vraiment nous regarder sans honte dans un miroir si nous laissons des jeunes sans ressources ? Quelle est cette entrée dans la vie où l'on vous dit d'emblée que, pour vous, il n'y a pas d'espoir ? La situation des jeunes adultes qui ont entre 18 et 29 ans et ne vivent plus chez leurs parents est la plus préoccupante : 22 % d'entre eux figurent parmi les pauvres, comme l'a souligné le rapport sur la pauvreté, publié en décembre dernier. La moitié des pauvres ont moins de 30 ans. La majorité porte aujourd'hui la responsabilité, non pas de nous faire vivoter, mais de nous permettre de vivre, c'est-à-dire de permettre à chacune et à chacun d'assurer son quotidien. C'est pour cela que vous avez aujourd'hui – et cette crise vous en donne encore plus l'occasion – la responsabilité d'ouvrir des droits pour les jeunes.

Troisième raison : le monde évolue. La jeunesse avance et elle est soutenue dans de nombreux pays : il est indispensable de ne pas prendre de retard. Un capital pour démarrer, c'est un capital pour se lancer dans la vie, qui constitue un formidable tremplin. Madame la ministre déléguée, je vous assure que ce n'est pas cela qui va grever les finances publiques !

Quatrième raison, sur laquelle je voudrais insister : en janvier 2019, nous vous avions proposé une nouvelle expérimentation, …

Aucun commentaire n'a encore été formulé sur cette intervention.

Inscription
ou
Connexion