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Intervention de Agnès Thill

Séance en hémicycle du jeudi 18 février 2021 à 9h00
Aide individuelle à l'émancipation solidaire — Discussion générale

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaAgnès Thill :

Je tiens tout d'abord à remercier les rapporteurs et tous ceux ayant travaillé sur cette proposition de loi d'avoir permis la tenue d'un débat utile autour de la question du revenu universel, ou revenu de base. Au nom du groupe UDI et indépendants, je tiens à saluer le très important travail mené pour présenter un texte aussi documenté et complet.

La précarité dans laquelle se trouvent nombre de nos concitoyens nous inquiète fortement, d'autant plus que, comme chacun le sait, la crise sanitaire a profondément accru les inégalités.

Au-delà de la simple perte de revenus, la perte d'un emploi signe aussi l'abandon de projets et une profonde remise en cause de soi. Notre groupe vous rejoint donc sur l'idée qu'il incombe à l'État d'accompagner toutes les personnes qui tombent dans la précarité, victimes économiques de la crise sanitaire.

En revanche, il y a entre nous une divergence de fond : nous ne serons jamais convaincus que le versement d'une aide monétaire peut remplacer la perspective d'un emploi. À nos yeux, la misère ne se résume pas à des difficultés financières, et nos concitoyens les plus pauvres n'y échapperont pas parce que vous leur aurez distribué de l'argent. Nous préférerons toujours leur offrir une formation, créer de l'emploi, leur permettre de se réinsérer dans la société, afin qu'ils puissent employer leurs talents : c'est cette réinsertion dans la société qui les prémunira de la misère.

La proposition de loi vise à assurer à toute personne majeure un minimum de 564 euros mensuels. Mais qui peut vivre avec un tel montant ? Et, même avec le double, qui pourrait s'en sortir dans une ville comme Paris ? Dès lors, faut-il l'augmenter pour l'aligner sur le niveau du salaire minimum ? Mais même lui n'est parfois pas suffisant, et toute une batterie d'aides supplémentaires est nécessaire pour empêcher nos concitoyens les plus modestes de tomber dans la précarité.

Quel serait alors le juste montant d'un revenu de base décent ? Son coût ne serait-il pas exorbitant pour la société, ou sans cesse à réévaluer ? Pour que ce système ne fasse pas de perdants, il faudrait, selon l'Observatoire français des conjonctures économiques, verser 785 euros par mois à chaque adulte. Cela coûterait donc 480 milliards d'euros, soit vingt-deux points de PIB ! Vous-mêmes évaluez le coût du dispositif que vous proposez à 21 milliards d'euros : c'est une somme colossale.

Pour financer cette mesure, vous misez sur une réforme très importante du droit des successions, visant à taxer les propriétaires tout au long de la vie et les multinationales. Dès lors, cette proposition nous paraît très démagogique. Le coût des mesures prévues par l'ensemble des textes inscrits initialement dans votre niche parlementaire s'élève à plusieurs dizaines de milliards d'euros : il vous faudra bien plus qu'une ou deux réformes pour que le produit des taxes nouvelles que vous envisagez vous rapporte une telle somme.

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