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Intervention de Stéphane Viry

Séance en hémicycle du jeudi 18 février 2021 à 9h00
Aide individuelle à l'émancipation solidaire — Discussion générale

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaStéphane Viry :

Du moins j'essaie de l'être, monsieur le président, tout en restant libre !

Nous examinons ce matin la proposition de loi, déposée par le groupe Socialistes et apparentés, relative à la création d'une aide individuelle à l'émancipation solidaire. Afin de l'élaborer, nos collègues ont entrepris un travail considérable – auditions, consultations – et appuyé sur les réflexions abondantes que suscitent actuellement le revenu universel ou des mécanismes assimilés. D'autres parlementaires s'investissent beaucoup dans ce domaine ; de toute évidence, le sujet est d'actualité, et le restera pendant quelque temps.

La réponse au problème du revenu universel est politique, et pas forcément consensuelle, car la question est liée à celles de la pauvreté et des premières conséquences de la crise sanitaire. Le groupe Les Républicains est prêt à ce débat et se montrera tout à fait favorable à des propositions concrètes, immédiates. La semaine dernière, par exemple, nous en avons formulé quinze, visant à répondre, face aux impasses actuelles, à l'urgence que constitue la précarité croissante, en particulier lorsqu'elle touche la jeunesse.

Pour prendre un peu de hauteur par rapport à cette proposition de loi, nous considérons notre modèle social et économique comme fatigué, à bout de souffle. Il ne protège plus assez ; il ne tient plus la pauvreté à distance ; il ne favorise plus l'ascension sociale ; enfin, paradoxalement, il nous coûte cher. La France dispose certes d'un système de protection sociale, mais celui-ci n'atteint pas ses objectifs : face à divers besoins, il peut à certains égards paraître obsolète, inefficace. Ce système repose sur le travail, sur les cotisations sociales qu'il génère. Notre solidarité nationale est à ce prix ; le travail doit donc rester le centre de nos réflexions, être valorisé, encouragé, récompensé, et se trouver au coeur de toutes les politiques sociales.

Chers collègues socialistes, je reprends bien volontiers, humblement, cette maxime de Jaurès : « Chacun doit trouver sa place dans la société ». Je rappellerai également que le préambule de la Constitution de 1946 mentionne « le droit d'obtenir un emploi », dont nous avons parlé il y a quelque temps dans cet hémicycle.

Nous, les Républicains, considérons résolument que la solution est d'accompagner la jeunesse vers un emploi durable. À une politique du chiffre et à un empilement des dispositifs, nous préférons une action visant à rendre les jeunes actifs et acteurs de leur vie. Il faut probablement privilégier désormais un nouveau statut dans notre dispositif, celui d'actif. Être actifs, dans une société de solidarité, en ayant des droits et des obligations : tel doit être l'horizon proposé aux jeunes, sachant qu'un mécanisme de protection universel doit aussi permettre de faire face aux accidents de la vie, aux difficultés et aux remises en question.

La jeunesse, en France, s'interroge ; elle est en difficulté et cherche sa place dans la société. La jeunesse est toujours l'avenir d'un pays. Elle est son souffle ; elle incarne des idées neuves et de nouvelles conquêtes. Or la jeunesse devra déjà porter une dette qui, de majeure, va devenir vertigineuse. Il faudra qu'elle travaille : la question de l'emploi reste pour nous essentielle et prioritaire. Ce débat incite à réfléchir à la façon de l'armer pour qu'elle affronte ce défi. Nous pourrions parler de l'amont, c'est-à-dire de la performance scolaire, qui reste à améliorer dans notre pays. Nous pourrions aussi parler de l'aval, c'est-à-dire du marché du travail et de l'accueil des jeunes dans les entreprises, qui est un véritable sujet. Là est, madame la ministre déléguée, le défi français ; là est l'impasse dans laquelle se trouve notre nation.

Je finirai par cette observation : le taux de chômage des jeunes de 18 à 25 ans est le double du taux de chômage moyen, ce qui signifie qu'il y a manifestement un problème. La réponse à ce problème réside-t-elle dans les dispositions que vous proposez aux articles 1er et 2 de votre proposition de loi ? C'est discutable. Je ne le pense pas, en particulier au vu du financement prévu qui me paraît baroque, complexe et relativement injuste par certains aspects. Certaines mesures financières, en effet, ne pénaliseront pas uniquement les plus riches mais frapperont encore davantage notre économie et pourraient se révéler confiscatoires. C'est la raison pour laquelle nous ne pouvons pas souscrire à votre proposition de loi.

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