Intervention de Marlène Schiappa

Séance en hémicycle du mardi 2 mars 2021 à 9h00
Questions orales sans débat — Insécurité à la réunion

Marlène Schiappa, ministre déléguée chargée de la citoyenneté :

La sécurité est bien une priorité du Gouvernement, notamment dans les territoires d'outre-mer, et évidemment à La Réunion et à Mayotte. L'État consacre des moyens inédits à ces deux départements, et adapte en permanence son dispositif sécuritaire. Ainsi, le nombre de policiers et de gendarmes a augmenté de 10 % en cinq ans à La Réunion ; en volume, c'est le plus gros effectif de tout l'outre-mer, avec 2 136 agents. On compte par ailleurs 1 239 policiers et gendarmes à Mayotte, soit une augmentation de 62 % en cinq ans : il s'agit du plus gros renfort d'effectifs en outre-mer.

Au-delà de ces chiffres, je tiens à saluer la grande mobilisation des services de l'État et des associations, qui oeuvrent à la prévention des violences que vous avez mentionnées, tandis que les services répressifs mettent à disposition de la justice les délinquants violents. La Réunion est d'ailleurs pleinement intégrée aux actions prioritaires du Grenelle contre les violences conjugales, qui ont abouti à certaines mesures efficaces et ciblées sur les particularités de l'île – je m'y suis d'ailleurs rendue à cette occasion.

Vous vous inquiétez, en outre, de l'insécurité à Mayotte. À la suite des événements de janvier, des renforts ont été rapidement acheminés depuis la métropole pour y maintenir l'ordre républicain. Des enquêtes sont en cours, sous la direction des autorités judiciaires compétentes, et nous restons vigilants face aux tensions communautaires – comme on dit – , qui peuvent rester vives.

Vous évoquez également le risque d'importation de la délinquance entre Mayotte et La Réunion, et l'existence de réseaux de drogue ou de prostitution de mineurs. Les services du ministère de l'intérieur sont pleinement mobilisés par ces sujets graves, et nous mettons tout en oeuvre pour qu'aucune zone de non-droit n'existe dans l'île. Une antenne de l'office anti-stupéfiants – OFAST – a d'ailleurs été créée à l'automne 2020 à Saint-Denis, et une maison de confiance et de protection des familles a ouvert ses portes en janvier 2021. La gendarmerie de La Réunion, quant à elle, compte près de 780 militaires, et bénéficie du renfort d'un escadron de gendarmerie mobile. Dans ses rangs, 217 militaires se sont vus reconnaître la localisation de leurs centres d'intérêts matériels et moraux à La Réunion ; ils bénéficient d'un séjour initial de six ans, suivi d'une première prolongation de trois ans, puis d'une seconde de deux ans, dans la limite de onze ans. Ils sont par ailleurs autorisés à rester définitivement sur place lorsqu'ils sont à moins de cinq ans de la limite d'âge. De plus, la majorité des 250 réservistes employés sont originaires de l'île, et contribuent à la dynamique générale.

Enfin, je veux pleinement vous rassurer, monsieur le député : le Beauvau de la sécurité concerne bien l'ensemble du territoire, tant la métropole que l'outre-mer, et la concertation engagée aura des effets dans l'ensemble des territoires. Nous ne mettons personne ni aucun territoire de côté. Dès que les conditions sanitaires le permettront, le ministre de l'intérieur se rendra d'ailleurs en outre-mer, dans le cadre des travaux du Beauvau de la sécurité, comme vous l'appelez de vos voeux.

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