Intervention de Thomas Gassilloud

Séance en hémicycle du mercredi 24 mars 2021 à 15h00
Évaluation des politiques publiques de santé environnementale

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaThomas Gassilloud, Agir ens :

Profitant de cette prise de parole, je tiens à vous dire, monsieur le secrétaire d'État chargé de l'enfance et des familles, que je garde un très bon souvenir de votre passage dans ma circonscription.

Je dois aussi avouer que je m'étais, jusqu'à présent, peu intéressé aux politiques publiques de santé environnementale, notre sujet du jour. Or, en préparant cette intervention, je me suis rendu compte à quel point la santé environnementale est un enjeu important pour notre génération et celles à venir.

Il est difficile d'évoquer ce sujet sans faire le lien avec la crise sanitaire planétaire que nous vivons actuellement et qui, je l'espère, nous aura fait prendre vraiment conscience du rapport qui existe entre la santé et notre environnement. La question que je souhaite vous poser, monsieur le secrétaire d'État, concerne d'ailleurs les zoonoses, ces maladies qui se transmettent des animaux vertébrés à l'homme, et vice versa, comme la covid-19.

Cet environnement, c'est l'air que nous respirons, l'eau que nous buvons, la nourriture que nous mangeons. Tous ces éléments vitaux pour notre survie peuvent parfois devenir – souvent du fait de notre influence – des ressources néfastes pour la santé. Notre débat doit donc s'inspirer des propositions du rapport d'enquête sur l'évaluation des politiques publiques de santé environnementale, propositions qui doivent constituer nos nouveaux objectifs en la matière. Au passage, je tiens à saluer le travail effectué par la présidente et la rapporteure, et à remercier le groupe Dem d'avoir proposé ce débat à l'ordre du jour. Nous ne résoudrons sûrement pas aujourd'hui les problèmes liés à la santé environnementale, mais ce débat représente une belle avancée et témoigne de l'intérêt croissant et des attentes de nos concitoyens pour cet enjeu du quotidien.

Selon l'OMS, environ 15 % de la mortalité française serait liée à des causes environnementales au sens large : pollution de l'air, de l'eau ou des sols ou encore exposition aux produits chimiques dangereux. Les politiques publiques de santé environnementale doivent apporter des solutions globales, notamment en matière de lutte contre la pollution. Rappelons que 36 % des décès par cancer du poumon dans le monde sont liés à l'exposition aux particules fines, présentes lors des pics de pollution qui touchent régulièrement plusieurs régions de France.

Le projet loi portant lutte contre le dérèglement climatique et renforcement de la résilience face à ses effets, qui sera examiné la semaine prochaine, doit aussi participer à cette lutte, notamment en instaurant des zones à faibles émissions mobilité – ZFE-m – , afin de diminuer les émissions de CO2 et de particules fines dans les grandes agglomérations. L'examen de ce texte doit nous montrer qu'il est possible de lutter à la fois pour le climat et la santé environnementale.

Revenons à la crise de la covid-19, qui nous fait prendre conscience collectivement de l'importance du lien entre biodiversité et pandémie, et qui nous oblige à observer notre influence sur la biodiversité. Une récente étude de la plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques – IPBES – souligne que des pandémies apparaîtront plus souvent à l'avenir, qu'elles se propageront plus rapidement, causeront plus de dommages à l'économie mondiale et tueront plus de personnes que la covid-19. Face à ces menaces croissantes, nous devons modifier notre approche globale. Le sujet suscite peu propositions alors que la perte de la biodiversité est source de nombreuses maladies.

Les maladies chroniques sont aussi liées à des causes environnementales : alimentation, présence de perturbateurs endocriniens, pollution de l'air et de nombreux autres facteurs. Oui, la santé environnementale est un sujet majeur. Sa prise en compte doit nous encourager à une approche plus globale dans nos politiques publiques, que ce soit au niveau national ou au niveau local. Signalons qu'à l'échelon local, l'accès à l'eau potable et le traitement des eaux usées ont, sans doute, contribué à l'augmentation de l'espérance de vie au moins autant que les progrès médicaux au cours du XXe siècle. Aussi, en matière de santé environnementale, ayons la préoccupation de définir l'environnement de manière large, sans nous cantonner à l'environnement naturel.

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