Intervention de Valérie Six

Séance en hémicycle du mercredi 24 mars 2021 à 15h00
Évaluation des politiques publiques de santé environnementale

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaValérie Six, UDI-I :

Voilà déjà plusieurs décennies que l'être humain s'est rendu compte de son influence sur l'environnement et de son implication dans la détérioration de celui-ci. La prise de conscience des conséquences de cette dégradation de l'environnement sur sa propre santé est cependant beaucoup plus récente. Il nous apparaît désormais comme une évidence que l'activité humaine est à l'origine de nombreuses maladies chroniques : nous respirons un air pollué provoquant des affections pulmonaires et nous ingérons des produits nocifs provenant de l'alimentation ou de l'eau. Il nous faut sortir de la logique selon laquelle notre activité est la cause d'un mal à l'apparition duquel nous nous efforçons de trouver un traitement. Prendre en charge les patients souffrant de ces maux grâce à des traitements médicamenteux est certes une chance, mais élaborer une approche préventive pour traiter l'origine du trouble serait bien plus efficace.

Rappelons que les comorbidités sont souvent des maladies liées au mode de vie. Les personnes qui en sont atteintes ont parfois une qualité de vie délétère et leur maladie ne les quitte pas, se faisant sentir dans tous les gestes du quotidien. Ces personnes sont les plus vulnérables aux maladies – chacun voit bien, à l'occasion de la crise sanitaire actuelle, qu'elles sont, avec les personnes âgées, les plus susceptibles de développer des formes graves de la covid-19. En plus de les accompagner, nous devons donc instaurer une politique publique volontariste de prévention des comorbidités, avec d'autant plus de force que ces dernières sont, à l'évidence, souvent causées par l'activité humaine. Nous faisons face à un enjeu de santé publique, qui nous concerne tous.

La santé environnementale est toutefois une matière très récente, qui nécessite des efforts colossaux de recherche pour identifier les effets de telle ou telle matière, de telle ou telle molécule, ou encore de telle ou telle combinaison de molécules sur la santé humaine. Le groupe UDI et indépendants défend, sur ce point comme sur la question plus globale de la préservation de l'environnement, une vision positive, qui se décline en deux temps.

Dans un premier temps, il convient d'identifier les produits qui présentent un danger pour la santé humaine, notamment dans l'industrie. Une fois ces produits identifiés, il faut accompagner les industriels pour décupler leur capacité d'innovation afin de leur permettre de découvrir, d'inventer et de mettre en oeuvre de nouveaux modes de production.

Ce premier point ne saurait être envisagé sans le second, qui consiste à déployer un grand plan de prévention pour sensibiliser nos concitoyens à des modes de consommation plus sains. Encourager les consommateurs à se détourner des produits susceptibles d'avoir une incidence sur la santé humaine est en effet le meilleur moyen d'inciter les industriels à modifier leurs modes de production. Cette sensibilisation doit se concentrer, en priorité, sur les populations les plus jeunes et les plus vulnérables. Elle devrait notamment s'exercer dans les écoles, collèges ou lycées, mais également dans les services de PMI – protection maternelle et infantile. Les collectivités territoriales participent à cette information. Je tiens d'ailleurs à saluer l'action des élus locaux en matière de santé environnementale.

Le point central de l'action publique doit être la prévention. Je rappelle que 85 % des cancers du sein sont d'origine toxique : ce sont autant de cancers évitables. À ce jour, la seule prévention qui prime est le dépistage. Certes, le dépistage du cancer du sein est indispensable, car déceler le cancer suffisamment tôt, c'est accroître les chances de le guérir. Mais la réelle prévention consisterait à informer et à sensibiliser les femmes aux pratiques et aux produits susceptibles de comporter des composantes toxiques, en particulier celles dont on a suffisamment de raisons de croire qu'elles sont susceptibles de développer ce type de cancer.

Notre groupe défend une vision consistant à accompagner les industries vers l'innovation pour modifier les modes de production, tout en sensibilisant nos concitoyens aux modes de consommation les plus sains et en intégrant les questions liées à la santé environnementale dans nos politiques publiques de prévention.

Aucun commentaire n'a encore été formulé sur cette intervention.

Cette législature étant désormais achevée, les commentaires sont désactivés.
Vous pouvez commenter les travaux des nouveaux députés sur le NosDéputés.fr de la législature en cours.