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Philippe Chassaing
Question N° 13806 au Ministère des solidarités


Question soumise le 30 octobre 2018

M. Philippe Chassaing attire l'attention de Mme la ministre des solidarités et de la santé sur la rémunération des orthophonistes en secteur hospitalier. L'orthophonie est présente à l'hôpital dans la prise en charge de nombreuses pathologies et intervient sur les publics variés. Recrutés à bac +5, ces professionnels bénéficient d'une grande autonomie au sein des établissements hospitaliers. La comparaison en matière de déroulé de carrière montre néanmoins des différences significatives entre les personnels ayant des diplômes universitaires équivalents dans le milieu hospitalier. Ainsi à titre d'exemple, un orthophoniste en début de carrière débute l'échelon 1 indice 377 alors qu'un psychologue débute au même échelon mais avec un indice de 434. Au cours de leur carrière les écarts ont par ailleurs tendance à augmenter. Les récentes mesures prises par le ministère en faveur des praticiens hospitaliers a permis une revalorisation de la grille indiciaire et donc de leur numération. Toutefois des écarts demeurent entre personnel ayant des diplômes universitaires équivalents. Aussi, il lui demande si des mesures sont envisagées pour harmoniser les rémunérations des professionnels de santé intervenant dans le secteur hospitalier, pour les rendre plus homogènes au regard des diplômes et de l'autonomie des personnels.

Réponse émise le 13 novembre 2018

La volonté du Gouvernement a bien été de revaloriser la reconnaissance de la profession d'orthophoniste. C'est ainsi que le décret n° 2017-1259 du 9 août 2017 a organisé le reclassement au 1er septembre 2017 de cinq professions de rééducation (dont les orthophonistes) de la catégorie B vers la catégorie A de la fonction publique hospitalière, au niveau des grades 1 et 2 des infirmiers en soins généraux. Ce premier reclassement a permis une importante revalorisation du traitement de base puisque les orthophonistes débutent aujourd'hui leur carrière dans une grille relevée de 40 points d'indice par rapport à la grille indiciaire de catégorie B (environ 187 € brut par mois). Un second reclassement doit amplifier cette revalorisation au 1er janvier prochain, puis un troisième relèvement permettra d'atteindre la grille définitive au 1er janvier 2020. Au terme de cette montée en charge, la rémunération globale des orthophonistes hospitaliers (incluant le traitement de base et les primes indexées) aura augmentée de plus de 300 € par mois en début de carrière, et de plus de 500 € en fin de carrière. La création d'une prime d'engagement de carrière hospitalière est par ailleurs destinée à renforcer l'attractivité de l'exercice hospitalier en début de carrière. Près de 140 primes peuvent être versées chaque année ce qui pourrait permettre d'attirer plusieurs centaines de professionnels supplémentaires dans le secteur public en quelques années. Dans le contexte budgétaire actuel, ces mesures sont sans équivalent parmi les autres corps de la fonction publique hospitalière. Elles traduisent l'attention avec laquelle le Gouvernement considère la profession d'orthophoniste et a souhaité renforcer sa reconnaissance. Il convient de laisser à ces mesures le temps de porter leurs fruits puisque le calendrier de mise en œuvre n'est pas achevé.

1 commentaire :

Le 01/03/2019 à 21:02, Nady a dit :

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Je viens vous écrire ici un commentaire quasi identique à celui que j’ai aussi écrit à votre collègue députée Mme Caroline Janvier.

En tant qu’ancien Professeur vous-même, j’attends de votre part de vous pencher sur le sujet et de me donner une réponse.

Je suis professeur des écoles.

J’ai eu ma licence.

J’ai préparé pendant un an mon concours, concours que j’ai eu alors que seuls 25% des candidats ont réussi à le décrocher dans mon académie.

Puis, j’ai été professeur stagiaire pendant un an avec présentation d’un mémoire à la fin de ma formation. J’ai obtenu les félicitations du jury pour ce mémoire.

Je comptabilise donc 5 ans d’etudes après le bac avec un niveau pas trop dégoûtant de savoirs, savoir-faire et savoir-être. Je suis cadre A de l’adimistration.

A présent, j’ai 12 ans d’ancienneté en tant que cadre.

Mon salaire est de 1885,30€ mensuel (Prime ISAE comprise, cotisation MGEN pour mon fils et moi déduite, vous qui étiez Président MGEN, vous pourrez apprécier le fait que je paye 97,30€/ mois ) avec donc un bac+5 et plus de 10 ans d’ancienneté.

Soit un salaire annuel de 22623,60€, prime comprise pour être amenée à enseigner en maternelle (enfants à partir de 2 ans), en élémentaire (enfants jusqu'à 12 ans), en SEGPA (élèves de collège), en ULIS (Unités localisées pour l’inclusion scolaire), en IME (instituts Médico-Educatifs), et en ITEP (Instituts Thérapeutiques éducatifs et pédagogiques).

Oui car c’est ça être professeur des écoles : c’est être capable d’enseigner face à "un large spectre d’enfants".

Ça demande une énorme polyvalence et tout autant de connaissances et compétences professionnelles très diversifiées.

Est-ce que vous trouvez ça également anormal que nous touchions si peu ?

22623€ par an après 12 ans d’ancienneté... Niveau bac+5.

Moi aussi, tout comme mes collègues de maternelle, élémentaire, collège et lycée, j’ai entre les mains la vie et l’avenir d’enfants.

Pourtant je me sens méprisée par le manque de reconnaissance salariale.

Estimez-vous que comme les orthophonistes que vous défendez, les enseignants ne sont pas assez payés ?

Vous trouvez ce commentaire constructif : non neutre oui

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