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Christophe Jerretie
Question N° 2000 au Ministère de la transition écologique et solidaire


Question soumise le 17 octobre 2017

M. Christophe Jerretie attire l'attention de M. le ministre d'État, ministre de la transition écologique et solidaire, sur le climat à propos de la situation de la production d'énergie éolienne. La filière éolienne française produit environ 3 % de l'électricité française. À titre de comparaison, cela représente la même proportion que le charbon, qui joue pourtant un rôle d'appoint mineur. Le problème se situerait au niveau du décalage existant entre la puissance nominale installée et la production électrique effective. Le rapport entre les deux est parfois de 1 à 6, car il faut des conditions météorologiques favorables pour pleinement tirer parti des installations éoliennes. Or, en bonne logique, celles-ci ne peuvent fonctionner à pleine puissance que lorsque lorsqu'elles sont placées dans des espaces faiblement venteux. Toutefois, il est indispensable de limiter la part du nucléaire dans le mix énergétique français, il lui demande d'indiquer s'il est pertinent d'implanter des éoliennes dans des zones faiblement venteuses à la vue de leur faible impact productif.

Réponse émise le 8 mai 2018

Le Gouvernement, à travers la programmation pluriannuelle de l'énergie, s'est fixé des objectifs ambitieux quant au développement des énergies renouvelables. L'éolien, en particulier, connaîtra un développement important dans les prochaines années. Il constitue, de par ses atouts, un des piliers de la stratégie de transition énergétique française. Son développement passe notamment par l'organisation d'appels d'offre réguliers. Les candidats présentent leurs projets et notamment le coût de production de l'électricité qu'ils estiment pouvoir produire. Ce coût, qui constitue le critère de sélection des candidats, est basé sur la rentabilité intrinsèque du projet, qui elle-même tient compte des conditions de vent. Les projets sélectionnés offrent donc le meilleur bilan en termes de potentiel de vent et de technologie déployable localement, sélectionnant par principe les zones les plus propices. Par ailleurs, les progrès des technologies permettent aujourd'hui des performances bien meilleures, à niveau de vent donné, que pour des parcs installés il y a quelques années (des études, par exemple de l'Agence internationale de l'énergie, l'attestent pour des pays où l'éolien est plus développé et depuis plus longtemps qu'en France). De même, à terme, le renouvellement des parcs anciens permettra des gains importants sur des zones déjà équipées.

1 commentaire :

Le 13/05/2018 à 22:47, Julie Sandri (Association SOS de nos campagnes 80) a dit :

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Il est à noter, en effet, que l'éolien se développe majoritairement sur les principaux couloirs de vents, couloirs qui se trouvent être également les principaux corridors de migration des oiseaux...

Il aurait été souhaitable à l'occasion du débat public de la nouvelle PPE que le gouvernement prenne en compte les suggestions du public, mais il semblerait que ce débat à propos de l'éolien et du photovoltaïque soit déjà clos avant d'avoir pu commencer.

Ainsi aurait-on pu suggérer de s'appuyer d'avantage sur la géothermie afin de diminuer notre consommation liée au chauffage, ou encore l'encourager à développer de petites solutions hydrauliques ou même à rendre plus autonomes les grandes industries et grandes agglomérations (avec des éoliennes de toit, ou du photovoltaïque, plutôt que de développer massivement ces EnR en zones rurales et/ou naturelles).

Mais il semblerait que, pour le gouvernement, éolien et photovoltaïque industriels soient les principaux piliers de la Transition énergétique, qui sont pourtant des EnR non pilotables.

De même, il aurait été possible de signifier au gouvernement que le CO2 lié à notre production d'électricité est en constante augmentation depuis 2014, et cela malgré le développement soutenu de ces deux EnR. Source : http://bilan-electrique-2017.rte-france.com/production/29-emissions-de-co2/

Il est pourtant assez simple de constater par le biais de l'application Eco2mix de RTE, que les productions éolienne et photovoltaïque sont généralement très faibles lors des vagues de froid (peu de vents et faible ensoleillement), ce qui provoque immanquablement une forte hausse de la production thermique.

A l'inverse ces sources d'énergie peuvent produire massivement alors qu'il n'y a pas de demande. C'est pourquoi plusieurs pistes de stockage (ex: hydrogène) sont régulièrement évoquées.

Ainsi, les riverains de ces parcs doivent-ils également s'attendre à voir de nouveaux projets industriels de stockage émerger à proximité ?

En effet, la filière éolienne en Hauts de France, se développant, comme partout en France, quasi exclusivement en territoire rural et naturel (Cf. https://www.facebook.com/sosdecampagnes80/posts/1804889943139282 ), cela induit donc, non seulement, de nombreuses pertes sur le réseau lors du transport de l'électricité produite vers les principaux territoires de consommation que sont les zones industrialisées, mais également de nombreuses nouvelles infrastructures de ce réseau de transport sur le territoire rural, et enfin, imposera donc certainement à l'avenir ces nouveaux projets industriels que seront les parcs de stockage.

La Transition se fait donc par le biais d'une métamorphose progressive, mais de plus en plus évidente, des territoires ruraux et naturels, en zones industrielles de production d'électricité...

Les autres pays européens ne semblent pourtant pas parvenir par l'éolien et le photovoltaïque à se sortir de la dépendance au nucléaire (en particulier celui de notre pays), ni même à réduire notablement leurs émissions de CO2 pour la production d'électricité : https://www.electricitymap.org/?wind=true&solar=false&page=country&remote=true&countryCode=FR

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