Intervention de Thierry Benoit

Séance en hémicycle du 12 janvier 2017 à 15h00
Respect de l'animal en abattoir — Explications de vote

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaThierry Benoit :

C’est un sujet très sensible que celui du respect de l’animal, principalement pour ce qui nous préoccupe ce soir, à savoir le respect de l’animal en abattoir, sujet qui affecte toute la filière de l’élevage.

Puisque nous arrivons au terme de l’examen de ce texte, je voudrais en quelques secondes expliquer pourquoi je m’abstiendrai de le voter. Lorsque vous êtes citoyen et député d’une circonscription où l’agriculture et la filière agroalimentaire sont très présentes et que vous avez vécu, pendant toute une législature, des fermetures d’abattoirs ou des avaries comme celles de Gad, Tilly-Sabco, AIM, situé dans le pays de Fougères, là où je vis, et que vous rencontrez les salariés de ces abattoirs qui vous expliquent à quel point la situation est compliquée, pour eux comme pour les entreprises, alors vous vous y prenez à deux fois avant de modifier la législation en profondeur. C’est pourquoi je milite pour l’expérimentation de la vidéosurveillance et non pour sa généralisation.

Je regrette qu’aujourd’hui nous ayons voté la généralisation, de façon plus ou moins masquée et sous couvert d’une expérimentation préalable. Quelle que soit le résultat de l’expérimentation, nous avons décidé ce soir de généraliser l’installation de caméras dans les abattoirs. C’est le premier point.

Je voudrais aussi souligner que les éleveurs et les acteurs de la filière agroalimentaire, notamment les personnels des abattoirs – mais j’ai une pensée particulière pour les éleveurs – aiment leurs animaux. Et les éleveurs doivent avoir le droit à l’erreur.

Samedi dernier, à l’occasion d’une cérémonie de voeux, un éleveur m’a raconté qu’en livrant un lot de porcs en Bretagne, il a été interpellé parce qu’un des animaux qu’il transportait avait subi une blessure, laquelle avait évolué très rapidement. Il a été convoqué par la gendarmerie pour y être sensibilisé à la notion de privation de soins, puis convoqué par le tribunal, qui a procédé à un rappel à l’ordre. Je suis favorable au bien-être des animaux, mais je veux aussi que nos éleveurs et la filière soient respectés. Voilà les quelques éléments que je tenais à mettre en avant.

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