Intervention de Henri Guaino

Séance en hémicycle du 15 janvier 2013 à 15h00
Questions au gouvernement — Mariage pour tous

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaHenri Guaino :

…de familles, de gens simples dont beaucoup n'avaient jamais manifesté ni fait de politique de leur vie.

Ils sont venus parfois de très loin, supportant le coût et la fatigue du voyage. (Rires et exclamations sur les bancs des groupes SRC, écologiste, GDR et RRDP.) Ils étaient les représentants de millions de Français qui s'inquiètent des conséquences de cette réforme dont Mme la garde des sceaux a dit elle-même que c'était une réforme de la civilisation.

Qu'ont dit ces Français simples et dignes ? Qu'ils ne voulaient pas que l'on décide sans eux de la civilisation dans laquelle eux et leurs enfants allaient vivre.

Monsieur le Premier ministre, il n'y a pas de véritable débat quand tout est joué d'avance. Regardez ce qui se passe au Parlement, où votre majorité dit aux députés de l'opposition : « Causez, causez encore, causez toujours, de toutes les façons nous ne ferons que ce que nous voulons ! » C'est la règle de la démocratie parlementaire, me direz-vous, mais quand on touche à quelque chose d'aussi profond, qui ébranle tant de consciences, ce n'est plus vrai. (Vives exclamations sur les bancs des groupes SRC, écologiste, GDR et RRDP.) Ici, la démocratie exige que le peuple lui-même ait la parole, non que ceux qui le représentent parlent à sa place. (Applaudissements et « Très bien ! » sur les bancs des groupes UMP, Rassemblement-UMP et UDI.) C'est l'esprit de notre République.

Le Président de la République peut prendre la décision de soumettre cette réforme au référendum. La lettre de l'article 11 de notre Constitution lui en donne le droit. Il en est seul juge et sa décision n'est susceptible d'aucun recours.

Alors, monsieur le Premier ministre, ne prenez pas la lourde et grave responsabilité de violer des millions de consciences. (Exclamations sur les bancs des groupes SRC, écologiste, GDR et RRDP.) Ne méprisez pas les Français, qui ne vous réclament qu'un peu de respect, un peu de démocratie, un peu de république ! (Mêmes mouvements.)

Quand on donne la parole au peuple, on ne recule pas, on se grandit. Soyez un Premier ministre de la Cinquième République et non de la Quatrième. (Applaudissements sur les bancs des groupes UMP, Rassemblement-UMP et UDI.)

Aucun commentaire n'a encore été formulé sur cette intervention.

Inscription
ou
Connexion