Intervention de Hervé Morin

Séance en hémicycle du 30 janvier 2013 à 22h45
Projet de loi ouvrant le mariage aux couples de personnes de même sexe — Discussion générale

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaHervé Morin :

C'est ma position d'aller le plus loin possible dans la réponse aux problèmes et aux aspirations des uns, mais en s'arrêtant là où commence la blessure des autres. C'est pour moi la différence entre un texte politicien et un texte politique, entre un texte électoraliste et un texte d'intérêt général. Sur un tel sujet, il y avait les moyens d'obtenir un consensus beaucoup plus large.

Le second point que je souhaite aborder concerne l'adoption pour tous. Je dis d'emblée que j'en soutiens le principe, sachant bien que je vais ainsi à rebours de beaucoup de mes collègues qui ne refusent le mariage pour tous qu'en tant qu'il induit l'adoption. Je suis dans la position inverse.

Tout d'abord, je crois en effet que l'essentiel, c'est de donner du bonheur à un enfant, et cela se saurait depuis longtemps si les couples hétérosexuels avaient le monopole de ce don de bonheur, même si je suis convaincu que pour un enfant, sa construction est encore plus difficile quand il a pour parents deux hommes ou deux femmes, au moins parce qu'il y a le regard des autres et la différence de situation.

De plus, nous devons faire cesser cette hypocrisie du droit français dont l'enfant est finalement la principale victime. Quelle est la situation aujourd'hui ? Nous le savons tous : les couples homosexuels adoptent des enfants – une quarantaine par an si j'en crois les statistiques –, mais ils le font en tant que célibataires. Ils cachent généralement leur compagnon ou leur compagne dans le placard, le temps de l'agrément, puis le ressortent ensuite. Humainement et éducativement, il y aura bien un couple, mais juridiquement, il n'y aura qu'un parent. Dès lors que se passe-t-il en cas de transmission du patrimoine, en cas de séparation ou de décès ? Il était temps d'y trouver une réponse. Il ne s'agit pas ici de mariage, pas de naissance par PMA ou, pis encore, de cette marchandisation du corps abjecte qu'est l'abominable gestation pour autrui. (Exclamations sur plusieurs bancs du groupe SRC.) Il ne s'agit que de responsabilités vis-à-vis d'enfants, non pas de droit à l'enfant mais du droit de l'enfant à être aussi bien protégé que celui grandissant au sein d'un couple hétérosexuel.

Tel était, monsieur le président, la position que je tenais à défendre ce soir au nom d'un certain nombre de mes collègues de l'UDI.

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