Intervention de Michel Larive

Séance en hémicycle du mercredi 29 septembre 2021 à 15h00
Création de la fonction de directeur d'école — Article 1er

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaMichel Larive :

Par cet amendement, nous nous opposons à la délégation de compétences de l'autorité académique aux directrices et directeurs d'école ainsi qu'à la création d'une autorité fonctionnelle pour ces enseignants.

Premièrement, nous refusons que les directrices et directeurs s'inscrivent dans une nouvelle chaîne hiérarchique dans laquelle ils deviendraient les « managers » de leur école. Le Grenelle de l'éducation, organisé par le Gouvernement, propose, dans la synthèse de ses travaux, de créer un « statut de directeur en leur conférant une autorité décisionnelle et fonctionnelle » pour en faire un fonctionnaire « au leadership assumé », installé dans une « culture du management ». Ce n'est pas notre conception du service publique de l'éducation nationale.

Deuxièmement, je rappelle que plus de 89 % des 29 000 directrices et directeurs d'école, qui ont répondu à la consultation de novembre 2019 sur leurs conditions de travail, n'évoquent pas la création d'un statut comme une piste concrète d'amélioration. Vous vouliez savoir quelles étaient nos sources ? Les voilà ! Ces données sont d'ailleurs corroborées par les syndicats. Ceux qui en doutent auraient pu aller les voir devant l'Assemblée nationale à treize heures, comme ils y étaient invités. En revanche, les directeurs demandent des aides humaines, plus de temps de décharge et un allégement de leurs tâches, autant de choses que le Gouvernement et la majorité présidentielle refusent de leur accorder.

Enfin, les compétences déléguées aux directrices et aux directeurs ne sont pas mentionnées dans cet article. Les contours de cette autorité fonctionnelle ne sont pas non plus définis. Comment accepter d'insérer dans le code de l'éducation des termes aussi flous ?

L'école ne peut pas fonctionner sur le modèle de l'entreprise, avec l'instauration de managers dans chaque établissement. Il existe actuellement un supérieur hiérarchique, l'inspecteur de l'éducation nationale, et un fonctionnement collégial au sein de chaque école. Nous sommes attachés à ce modèle, comme la très grande majorité des enseignants.

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