Intervention de Anne-Laure Blin

Séance en hémicycle du vendredi 23 juillet 2021 à 15h00
Respect des principes de la république — Discussion générale

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaAnne-Laure Blin :

Au terme de l'examen du projet de loi confortant le respect des principes de la République et de lutte contre le séparatisme, un sentiment analogue se dégage.

La France, depuis des décennies, vit sous la menace terroriste islamiste ; dans la sphère occidentale, notre pays est l'un des plus menacés. Désormais, l'attaque n'est plus seulement exogène mais aussi, pour une grande partie, endogène, car les terroristes islamistes naissent, grandissent, vivent et frappent sur notre territoire. C'est bien contre ces deux menaces que nous devons lutter. Pour preuve, une note très récente du ministère de l'intérieur, révélée aujourd'hui même par les médias, alerte une nouvelle fois sur le risque d'attentats terroristes, notamment endogènes.

Le projet de loi voulu par le Président de la République, qui dénonçait avec fermeté le séparatisme dans son discours des Mureaux, est malheureusement bien faible. Nous ne pouvons que constater que le Gouvernement et la majorité se sont contentés de nommer les problèmes sans y apporter aucune réponse.

Madame la secrétaire d'État, le Gouvernement auquel vous appartenez prétend lutter contre l'islamisme, mais vous avez accepté le burkini dans les lieux de baignade, les listes communautaires aux élections ou encore la propagande électorale avec des signes religieux ; vous entendez lutter contre le séparatisme, mais vous acceptez les réunions interdites aux blancs. Oui, vous avez supprimé la possibilité insérée par le Sénat de dissoudre une association qui organise des réunions non mixtes – et vous savez qu'elles existent. Vous affichez une lutte à géométrie variable contre le prosélytisme religieux en ne parlant pas du voile, le hijab, lequel est pourtant de plus en plus présent dans l'espace public. Enfin, comment peut-on présenter un texte sur le séparatisme religieux et la lutte contre la radicalisation qui élude totalement la question des prisons, dont on sait qu'elles sont un des premiers lieux de radicalisation ?

Le texte passe à côté de l'essentiel. Il s'agit en réalité d'une addition de mesurettes sans commune mesure avec la situation de notre pays : 57 % des jeunes musulmans de 15 à 24 ans considèrent que la charia est plus importante que les lois de la République ; c'est une augmentation de dix points par rapport à 2016.

Bien loin de s'attacher à réaffirmer nos libertés fondamentales, notamment celle d'instruire, le Gouvernement les remet en cause, en sacrifiant l'instruction en famille. Ce n'est pas le moindre des paradoxes, dans un projet de loi dont le titre proclame le « respect des principes de la République » ! En conséquence, le groupe Les Républicains, soutenu par de nombreux députés des groupes UDI-I et Libertés et territoires, saisira le Conseil constitutionnel.

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