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Intervention de David Bardina

Réunion du jeudi 28 mars 2019 à 10h00
Mission d'information relative aux freins à la transition énergétique

David Bardina, directeur général adjoint de Métron, start-up française innovante d'intelligence énergétique pour l'industrie :

Monsieur le président, monsieur le rapporteur, je vous remercie de me donner l'occasion de m'exprimer devant vous aujourd'hui. Métron est une tout petite société. Elle a cinq ans, fait moins de 5 millions d'euros de chiffre d'affaires annuel et a moins de 100 collaborateurs. C'est une jeune petite pousse, qui est néanmoins innovante, et dont le métier est de développer des solutions digitales pour optimiser l'efficacité énergétique de l'industrie. C'est le seul segment dans lequel nous intervenons à ce stade – peut-être en sera-t-il autrement à long terme.

Notre innovation consiste à apporter à l'industrie de nouvelles technologies digitales : manipuler un grand nombre de données en temps réel, se connecter aux réseaux informatiques et aux compteurs des sites de manière « agnostique », si je puis dire. Nous pouvons déployer nos solutions de manière peu coûteuse et efficace, en ayant cependant des résultats intéressants, avec des retours sur investissements inférieurs à un an. Dans la pratique, Métron est une jeune société qui se développe sans compter sur grand monde. Nous comptons sur nous-mêmes. Nous intervenons de manière agnostique par rapport aux politiques publiques. Métron est une toute petite société, mais nous sommes présents en France, à Bogota, à São Paulo, à Dubaï, à Singapour et en Italie. Nous nous intégrons à des contextes de politiques publiques très différents et notre mission est d'être efficaces quels qu'ils soient.

Les politiques publiques sont pour nous un peu anecdotiques. Néanmoins, dans certains pays, il existe des politiques publiques qui nous aident plus. L'Italie a mis la force de la preuve au service des certificats blancs, ce qui n'est pas le cas en France. Nous pouvons d'ailleurs nous étonner qu'il ait fallu attendre la quatrième période des certificats d'économie d'énergie en France pour voir apparaître une fiche standard CEE spécifiquement dédiée au sujet de la mesure de la performance énergétique industrielle. Ceci étant, nous nous développons sans ces outils, et nous sommes très satisfaits de voir cette fiche apparaître. Elle donnera sûrement un petit coup de pouce. D'ici quelques années, nous pourrons probablement présenter un retour d'expérience intéressant sur ce sujet.

En revanche, ce qui nous aide, c'est de constater que nous aidons nos clients : l'industrie directement, mais aussi tous les acteurs qui proposent des services d'efficacité énergétique à ces clients industriels. Je parle des utilités, des sociétés de services énergétiques et des fournisseurs d'équipements. Nous nous rendons compte que mettre en place une transition énergétique dans l'industrie est porteur de nombreux risques et de nombreuses difficultés. Je ne les citerai pas tous : risque technologique, risque de l'innovation technologique, risque de performance technologique, risque des projets, risque de marché sur les prix de l'énergie, difficultés de financement des projets, etc. Voilà qui n'est pas simple. Le métier de l'industriel lambda est de produire, et non de produire en émettant le moins de CO2 possible. Ce dernier objectif devient certes inhérent à son métier, mais le premier métier reste bien de produire.

Nous voyons d'un bon oeil l'émergence des contrats de performance énergétique portés par des tiers. Voilà de bonnes solutions pour répartir les risques de manière efficace. Ainsi les industriels peuvent s'engager sur la performance de leurs technologies, et une concertation a lieu pour une meilleure répartition des risques. Aider ces acteurs, c'est nous aider. Dans ce type de montage, restent des risques peu couverts. J'en citerai deux.

Le premier risque est celui de contrepartie : quand on élabore un tel montage, il faut que l'ensemble des acteurs autour de la table aient confiance dans le fait qu'ils existeront, tous, dans dix ans. Ce risque n'est pas couvert, peu de solutions existent actuellement. Des compagnies d'assurances et des actions privées peuvent en proposer, mais des fonds de garantie pourraient les prendre en charge à l'échelle de l'État.

Le second risque est le suivant : les acteurs doivent pouvoir compter sur un cadre réglementaire et fiscal stable. Les clients comptent dessus, et nous-mêmes, pour nous développer, avons besoin que nos clients aient confiance. Nous aider directement, ce n'est pas vraiment nécessaire ; en revanche, il faut absolument aider nos clients. Nous apportons aujourd'hui des solutions, comme d'autres acteurs de ce marché en pleine expansion. Nous levons des fonds pour financer notre recherche-développement sans trop de difficultés. En revanche, nos clients doivent pouvoir avoir confiance en l'avenir, et avoir à disposition des mécanismes qui leur permettent de bien faire leur métier. Ainsi, nous pourrons bien faire le nôtre.

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