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Intervention de Gildas Barreyre

Réunion du jeudi 28 mars 2019 à 10h00
Mission d'information relative aux freins à la transition énergétique

Gildas Barreyre, président de la commission électricité de l'Union des industries utilisatrices d'énergie (UNIDEN) :

Concernant votre question sur le photovoltaïque, notre remarque précédente portait plus généralement sur l'ensemble des technologies impliquées dans la transition énergétique. Aujourd'hui, de grands groupes français, membres de l'UNIDEN, investissent dans la recherche et les nouvelles technologies pour le photovoltaïque. Le potentiel semble infini. Nous sommes loin d'avoir fini d'inventer des panneaux photovoltaïques plus efficaces et moins coûteux en termes environnementaux.

Cependant, pour le moment, une grande partie de la recherche se déroule non pas en France, mais dans d'autres pays européens, en Chine et aux États-Unis, où les investisseurs locaux ont de grandes capacités d'investissement, notamment en Californie. Nous sommes en retard, nous n'avons pas été pionniers. Au contraire, nous avons été incités à nous tourner vers les solutions les moins coûteuses venues de Chine, à cause du tarif d'obligation d'achat. Ce tarif, au lieu d'inciter les acteurs français producteurs de panneaux photovoltaïques à produire en France, a incité des opérateurs, des vendeurs de service, à acheter des panneaux chinois.

Nous sommes en train de répéter exactement les mêmes erreurs pour les batteries et les électrolyses d'hydrogène ; puisque nous voulons décarboniser l'hydrogène, nous le ferons avec les électrolyses chinoises, puisqu'il n'existe pas d'électrolyse française. Nous faisons la même erreur avec les éoliennes : l'acier vient de Chine, et les nouveaux investissements se portent hors de France. Voilà qui est dommage, alors que nos groupes chimiques, sidérurgiques et énergétiques sont de taille mondiale.

Mon groupe, qui est minuscule, possède une société à Nîmes qui s'appelle Protéus et qui fabrique des enzymes pour accélérer et catalyser la méthanisation, permettant de doubler les rendements des méthaniseurs. L'État, aujourd'hui, ne nous considère pas. Il réclame un tarif d'obligation d'achat de méthanisation, peu importe le rendement, puisque le tarif d'achat est garanti. À quoi cela sert-il de se tourner vers des acteurs locaux, à quoi cela sert-il d'innover ?

Je souhaite lutter contre l'idée que tous les opérateurs, aujourd'hui, ont l'État comme client. On nous dit d'augmenter le prix de l'énergie de 20 à 40 unités, si bien qu'une solution à 35 unités, non innovante, serait acceptée par tous. Notre discours est plus positif. Plutôt que de passer notre temps à discuter avec l'État, si nous consacrions nos ressources intellectuelles à innover, nous pourrions passer de 35 à 20 unités l'ensemble de ces solutions. Nous savons que les solutions existent, par exemple dans le photovoltaïque, l'éolien ou la méthanisation. L'idée n'est pas de monter de manière dogmatique de 20 à 40 unités le coût des énergies pour tout le monde, pour les gilets jaunes ou pour les entreprises énergo-intensives. Le but est de faire en sorte que toutes les solutions passent de 35 à 20 unités. C'est ainsi que nous pourrons gagner face à des pays comme la Chine et les États-Unis. Sinon, dans vingt ou trente ans, ce sont eux qui passeront de 35 à 20 unités.

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