Intervention de Jean-François Eliaou

Réunion du jeudi 18 juillet 2019 à 9h00
Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaJean-François Eliaou, député :

Je répondrai en deux temps.

Première réponse : l'aide médicale d'État ; il y a eu des débats autour de ce sujet à l'Assemblée nationale, pendant la discussion du projet de loi pour une immigration maîtrisée et un droit d'asile effectif. Il y en aura vraisemblablement de nouveau au moment de la discussion du projet de loi de finances pour 2020 à l'automne.

Lorsqu'une personne a attrapé une maladie sur le territoire français ou y arrive déjà malade, la maladie ne connaît pas, ni identité, ni nationalité, ni couleur de peau, ni religion et se propage de façon tout à fait égalitaire et universelle. L'AME en l'occurrence me semble absolument indispensable, et c'est une vision à très court terme, ségrégationniste et débile, j'insiste sur ce dernier terme, que de dire qu'il faut soigner les Français et se désintéresser des autres : si on ne soigne pas les autres, ils peuvent contaminer les Français et donc ce serait complètement paradoxal.

Par ailleurs, nous avons une tradition universaliste à la Henri Dunant : je pense que lorsqu'un pays a les moyens, comme la France, il doit soigner tout le monde, même ses ennemis, en suivant ainsi un principe qui fait partie du serment que j'ai prêté et auquel je suis très attaché.

Est-ce qu'il y a une politique vaccinale systématique pour les personnes qui entrent, même de façon clandestine, dans notre pays ? Je ne sais pas, il faut que nous interrogions le Gouvernement à ce sujet, mais je souligne que les maladies dont souffrent les migrants peuvent aussi avoir été attrapées en France. La vaccination est absolument indispensable, y compris pour les personnes qui arrivent sur notre territoire, clandestinement ou pas. Vis-à-vis de la politique d'immigration et d'asile en France, il faut vacciner tout le monde.

Lorsque l'on revient aux conditions de promiscuité du XIXe siècle, voire même avant, le manque d'hygiène conduit au retour de la tuberculose par exemple, qui avait totalement disparu. Il faut tenir compte également de l'immuno-dépression, liée à la malnutrition, etc. Il faut prévoir une politique de santé pour l'immigration et, le cas échéant, réfléchir à un amendement pour le PLFSS 2020.

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