Intervention de Edouard Philippe

Séance en hémicycle du lundi 7 octobre 2019 à 16h00
Déclaration du gouvernement suivie d'un débat sur la politique migratoire de la france et de l'europe

Edouard Philippe, Premier ministre :

… et nous faisons notamment un effort considérable en matière d'aide publique au développement. Cet effort représentait 0,43 % de la richesse nationale en 2018, et le Président de la République a décidé de porter ce taux à 0,55 % d'ici à 2022, ce qui représente une augmentation significative.

Depuis deux ans, nous mettons enfin la question migratoire au coeur de nos relations diplomatiques avec les États.

Prenons le temps de faire le bilan de la loi du 10 septembre 2018, qui commence à produire ses effets.

La lutte contre l'immigration irrégulière gagne progressivement en efficacité, donc en crédibilité. Les éloignements ont augmenté de 10 % au cours de l'année dernière et de 20 % en deux ans.

Signe de maturité du débat public sur les questions d'immigration : dans les tribunes et les prises de position publiées récemment sur ce sujet, nul ne conteste plus la nécessité de se donner les moyens d'un retour effectif, volontaire ou contraint, des personnes ne relevant d'aucune des catégories du séjour ou de l'asile.

Nous avons fait un effort inédit pour améliorer les conditions d'accueil des étrangers présents et en situation régulière sur notre sol. Notre capacité d'accueil des demandeurs d'asile atteindra plus de 107 000 places à la fin de l'année 2019. En 2018, 3 000 places ont été créées dans les centres d'accueil et d'examen des situations de toutes les régions métropolitaines, afin de donner corps à l'engagement pris par le Président de la République dans son discours d'Orléans, en juillet 2017.

Régulièrement – il y a quelques semaines encore à Grande-Synthe – , des opérations de démantèlement de camps s'accompagnent de la mise à l'abri de plusieurs centaines de personnes. Le ministre de l'intérieur a demandé au préfet de police de Paris d'identifier, avec le nécessaire concours de la ville de Paris, une réponse d'ensemble à la situation indigne que nous constatons à la porte de la Chapelle. Chaque semaine, plusieurs dizaines de personnes sont orientées depuis les hébergements et les campements de l'agglomération parisienne vers des centres d'accueil en province.

Nous nous mobilisons enfin pour assurer le logement durable de ceux qui sont admis au statut de réfugié. Au cours de la seule année 2018, plus de 8 700 logements ont été mobilisés, permettant le relogement de près de 20 000 réfugiés, ce qui représente un quasi-doublement par rapport à 2017.

Nous avons mis le paquet, si vous me passez cette expression, sur les moyens du système d'asile afin de réduire les délais d'instruction des demandes, qui sont bien trop longs.

Cette année encore, j'ai autorisé le recrutement de 150 nouveaux officiers de protection à l'OFPRA et des agents nécessaires à l'ouverture d'une vingt-troisième chambre à la Cour nationale du droit d'asile. Ces effectifs supplémentaires ont au moins permis de stabiliser les délais, dans un contexte où le nombre de demandes à traiter augmente fortement.

Enfin, nous avons donné une nouvelle ambition à notre politique d'intégration à la suite du rapport qui m'avait été remis par votre collègue Aurélien Taché. Nous avons décidé de doubler le volume horaire des cours de langue française donnés aux étrangers primo-arrivants qui en ont besoin, en le portant de 200 à 400 heures. Nous avons également modernisé et doublé la durée de la formation civique dispensée à ces personnes.

Néanmoins, nous n'avons clairement pas atteint tous nos objectifs. Nous devons poursuivre nos efforts et faire mieux. Sur la base de quels principes et avec quels moyens ? Tel est l'objet, l'enjeu du débat d'aujourd'hui.

Il y a d'abord des solutions auxquelles je ne crois pas, toujours les mêmes, celles dont on sait qu'elles ne fonctionnent pas et que je vous propose d'écarter.

Parmi ces fausses solutions, il y a les mythes et les fantasmes, à commencer par l'immigration zéro, qui n'a jamais existé et qui est encore moins imaginable dans notre monde ouvert et hyperconnecté. Je fais partie de ceux qui pensent que la France doit s'enorgueillir d'être un pays attractif quand c'est pour de bonnes raisons, notamment pour la qualité de ses universités et de sa recherche. Il me semble que personne ne veut remettre en cause l'accueil d'étudiants et de chercheurs pour développer les atouts de notre pays.

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