Intervention de Pierre Venteau

Séance en hémicycle du mardi 22 octobre 2019 à 15h00
Questions au gouvernement — Dénigrement des agriculteurs

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaPierre Venteau :

Merci, monsieur le président. J'associe à ma question mes collègues Martine Leguille-Balloy et Pascal Lavergne.

Monsieur le ministre de l'agriculture et de l'alimentation, aujourd'hui, pour la deuxième fois en quinze jours dans mon département de Haute-Vienne, comme partout ailleurs en France, les agriculteurs manifestent leur désarroi. Dans ce territoire d'éleveurs allaitants, quelle que soit l'obédience syndicale, les préoccupations sont identiques. En premier lieu, elles concernent les difficultés économiques qu'ils vivent au quotidien. Ils s'accordent tous sur le bon diagnostic de la loi EGALIM – pour l'équilibre des relations commerciales dans le secteur agricole et alimentaire et une alimentation saine, durable et accessible à tous – , mais constatent que la filière viande tarde à s'emparer des solutions offertes.

En second lieu, le dénigrement systématique, en particulier des professionnels de l'élevage de ruminants, les frappe un peu plus chaque jour. Simples boucs émissaires lors de la crise de la vache folle, ils sont aujourd'hui responsables de tous les maux : pollution de l'eau et de l'air, dérèglement climatique, sans oublier la maltraitance animale. Il faut sans doute mettre un nombre important de ces critiques sur le compte de la méconnaissance des réalités du métier d'éleveur, faites aujourd'hui d'adaptation permanente, de contraintes croissantes et de rémunération absente.

Nous sommes tous d'accord : les nouvelles demandes sociétales pour une alimentation saine et de qualité, la protection de l'environnement et le bien-être animal sont légitimes. Toutefois, ces demandes ne peuvent pas s'exercer en pointant du doigt nos agriculteurs et nous devons être pleinement conscients des conséquences de cet agribashing.

Ce week-end encore, j'ai eu l'occasion de discuter avec des éleveurs de ma circonscription, habitués à entendre des critiques sur leur profession mais ressentant, ce qui est le plus inquiétant, « une forme de haine ordinaire ». Ce sentiment, exprimé par ceux qui nous nourrissent, doit nous alerter. Il est impossible de laisser s'ajouter le désespoir aux difficultés économiques.

Monsieur le ministre, il y a urgence. Dans ce contexte de défiance extrême vécue par les agriculteurs, quelles mesures immédiates compte prendre le Gouvernement ?

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