Intervention de Meyer Habib

Séance en hémicycle du jeudi 31 octobre 2019 à 15h00
Projet de loi de finances pour 2020 — Mission action extérieure de l'État (état b)

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaMeyer Habib :

Je propose, avec mes collègues Goasguen et Le Grip, de réduire de moitié les crédits alloués à l'Institut du monde arabe – IMA – , soit environ 6 millions d'euros sur les quelque 12 millions prévus. Nous le savons, l'IMA est une fondation de droit privé, mais elle est placée sous la tutelle du ministère de l'Europe et des affaires étrangères. Sa vocation initiale était louable, car le monde arabe recouvre une immense civilisation et partage, depuis des siècles, une histoire commune avec la France.

Dans les faits, cependant, l'IMA dépend des financements ponctuels accordés par ces très grandes démocraties que sont l'Arabie saoudite, le Qatar ou le Koweït. Résultat : il est devenu une vitrine, voire un organe de propagande au service de valeurs qui, monsieur le ministre, ne sont pas celles de la France. Je pense tout particulièrement à son président actuel, Jack Lang, qui a fait de la soumission sur fonds publics sa marque de fabrique.

J'illustrerai mon propos par un exemple récent. L'exposition « AlUla, merveille d'Arabie », inaugurée le 8 octobre dernier, montre une immense carte du Moyen-Orient où l'État d'Israël a disparu, pour être remplacé par le vocable « territoires palestiniens ». Israël rayé de la carte ! Le même Jack Lang a accueilli à l'IMA, en décembre dernier, une conférence dont l'affiche montre le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou, les mains pleines de sang.

L'Institut est donc, de facto, devenu un relais de l'antisionisme, nouveau visage de l'antisémitisme. La France, notre pays, ne peut cautionner, même indirectement, la négation du droit d'Israël à exister. Les exemples comme ceux que je viens d'évoquer sont légion, et je ne parle pas du silence assourdissant sur les violations des droits de l'homme et des droits de la femme ou sur les persécutions des chrétiens d'Orient. L'IMA trahit sa mission de service public ; il n'appartient pas au contribuable français de financer des opérations de falsification de l'histoire et de marketing de tel ou tel régime islamiste. À l'heure où l'État peine à réduire ses dépenses et à respecter ses engagements budgétaires, le pays, monsieur le ministre, a d'autres priorités. Le présent amendement, qui en prend acte, appelle donc l'État à se désengager – en partie seulement – du financement de l'IMA.

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