Intervention de Agnès Buzyn

Séance en hémicycle du jeudi 7 novembre 2019 à 15h00
Projet de loi de finances pour 2020 — Mission santé (état b)

Agnès Buzyn, ministre des solidarités et de la santé :

Madame Louwagie, ces 2 millions aboutiraient à une sous-budgétisation, ce qui est contraire au principe de sincérité budgétaire. Cependant je souhaite m'arrêter sur la question de l'endométriose, qui représente un vrai sujet de préoccupation.

Je connais les difficultés des femmes face au diagnostic de cette pathologie et la complexité de leur parcours. Conscients du risque de méningiome lié à la spécialité Androcur et à son utilisation en dehors du cadre de l'autorisation de mise sur le marché, nous avons été vigilants sur l'encadrement de ce produit. Désormais, les prescripteurs remettent aux patientes une fiche d'information sur l'Androcur et ses génériques, et le risque de méningiome. La délivrance de ces médicaments en pharmacie est obligatoirement soumise à la présentation d'une attestation annuelle d'information signée par le patient utilisateur. Depuis le 1er janvier 2019, pour tous les nouveaux traitements, l'attestation doit être cosignée par le médecin prescripteur ; à partir du 1er janvier 2020, elle sera également à présenter aux pharmaciens pour les renouvellements. Des courriers d'information cosignés par l'assurance maladie et l'ANSM ont été adressés aux professionnels de santé et aux patients qui ont respectivement prescrit ou reçu de l'Androcur ou des génériques au cours des vingt-quatre derniers mois, pour les inciter à se rencontrer et à échanger sur les risques.

Par ailleurs, j'ai annoncé, le 8 mars 2019, la mise en place d'un plan d'action en vue d'améliorer la prise en charge et la connaissance de l'endométriose, avec trois axes de travail : mieux informer la population générale sur cette maladie, avec des campagnes d'information réalisées par des associations, les outils de communication de santé publique et le service sanitaire de terrain ; développer les moyens permettant de détecter plus précocement cette maladie afin de lutter contre l'errance diagnostique ; enfin, mieux accompagner les femmes et rendre leur parcours plus cohérent en y intégrant la question de la gestion des problèmes de fertilité. Pour y parvenir, je suis en train d'organiser les filières de prise en charge. Ces chantiers, qui incluent largement les différents acteurs du domaine, sont pilotés par la direction générale de l'offre de soins. Je rendrai compte de l'avancement de ce plan à la date anniversaire, en mars prochain. Vous pouvez donc compter sur ma mobilisation, mais je reste cependant défavorable à l'amendement.

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