Intervention de Julien Borowczyk

Séance en hémicycle du lundi 2 décembre 2019 à 18h00
Projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2020 — Discussion générale

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaJulien Borowczyk :

La France est un pays de progrès, fermement attaché à ses valeurs et toujours prêt à dépasser les obstacles pour se construire et se renforcer. Aujourd'hui, je suis confiant et heureux, car l'examen du PLFSS pour 2020 aboutit à une version complète et, je le crois, profondément restructurante. En effet, la restructuration de notre système de santé à bout de souffle est désormais indispensable.

Ce PLFSS, avec les dernières mesures en faveur des hôpitaux publics, représente une nouvelle brique dans l'ambitieux chantier que nous dirigeons depuis maintenant deux ans et demi – un chantier dont les maîtres mots sont la coconstruction, la modernisation et la restructuration du système de santé français, grâce à la stratégie « ma santé 2022 », à la réforme de la tarification, à la refonte des études médicales et aux plans urgences, psychiatrie et numérique.

De fait, ce texte apporte un éclairage sur notre vision de l'hôpital public, que nous voulons inscrit au sein d'un système de santé attentif à la qualité et la pertinence des soins. Ce nouveau souffle, qui privilégie le patient et l'équipe soignante, repose concrètement sur une gestion plus souple, plus efficace et plus fluide entre la ville et l'hôpital, alliée à un regain d'attractivité pour les métiers du secteur médico-social.

Les attentes sont nombreuses mais ne nous y trompons pas, répondre à chaque besoin isolément et de manière spécifique ne résoudrait en rien les failles héritées du système actuel. C'est pourquoi ce projet de loi est structuré par quatre axes transversaux : la valorisation du travail, la quête de toujours plus de justice sociale, la prise en compte des contraintes de notre temps et la refonte complète du financement du système de santé.

Ainsi, en reconduisant la prime exceptionnelle sous condition et en simplifiant les démarches administratives des Français, nous envoyons des signaux forts de valorisation du travail, en lequel nous croyons. En privilégiant la stabilité économique de notre pays, nous créons plus d'emplois, plus de richesses, plus de pouvoir d'achat, et surtout plus de recettes pour la sécurité sociale.

Notre engagement social s'illustre aussi par une amélioration du pouvoir d'achat des Français grâce aux mesures d'urgence adoptées pour un montant de 17 milliards d'euros, à la revalorisation des minima sociaux et au soutien apporté aux familles monoparentales. Nous avons également engagé la plus forte diminution d'impôts de la Ve République avec un objectif de 27 milliards de baisse pour les particuliers d'ici à 2022.

En outre, la démocratisation de l'accès aux soins pour tous les Français, dans l'ensemble du territoire, notamment par le financement des hôpitaux de proximité, permettra à l'intégralité de la population de bénéficier d'un système de soins efficace et à l'écoute.

Les hôpitaux publics, partiellement soulagés de leur dette grâce à la reprise de 10 milliards d'euros par l'État, pourront recommencer d'investir et assurer la constante évolution de leur organisation afin de rester en phase avec les attentes et innovations de leur temps.

Parce que nous avons pris la pleine mesure du phénomène croissant de la perte d'autonomie, nous décidons d'agir à la fois en amont et en aval pour mieux accompagner cette transition. C'est ainsi que ce PLFSS innove en créant pour la première fois un véritable congé de proche aidant, aussi nécessaire qu'attendu par celles et ceux qui donnent de leur temps à leurs proches. C'est aussi dans cette optique que nous choisissons d'investir dans les EHPAD pour revaloriser l'emploi dans ce secteur et produire un effet d'incitation. C'est également pour anticiper les nouveaux besoins et métiers liés à la perte d'autonomie que nous gravons la solidarité comme valeur cardinale de notre système universel de santé.

Avec l'examen de ce PLFSS est venu le temps des prises de responsabilité. Il aura fallu du courage pour admettre qu'il ne suffit pas de réinjecter de l'argent pour résoudre tous les problèmes. En fléchant de manière plus efficace les financements, avec beaucoup de sincérité et d'objectivité quant aux priorités et aux rôles de chacun, en recentrant le système de santé autour de l'accès aux soins et en faisant du patient sa clé de voûte, nous engageons un tournant dans l'histoire, pour offrir davantage de satisfaction au personnel médico-social et lui permettre d'être fier d'exercer dans un pays qui a certes toujours cru en lui, mais qui n'hésite plus à le lui faire savoir par ce projet de loi.

J'ai eu l'occasion de le dire de nombreuses fois au cours des dernières semaines : ce texte, que nous nous apprêtons à examiner en lecture définitive, est vertueux et n'a d'autre objectif que créer des richesses et de l'emploi tout en garantissant aux Français un système social en bonne santé.

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