Intervention de Michel Herbillon

Séance en hémicycle du jeudi 16 janvier 2020 à 9h00
Coopération en matière de défense avec l'albanie et chypre — Présentation

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaMichel Herbillon, rapporteur de la commission des affaires étrangères :

Notre assemblée a ce matin la responsabilité d'autoriser la ratification des accords de défense avec deux pays européens : l'Albanie et Chypre. Il n'est pas inutile, avant d'ouvrir le débat, de se poser ensemble cette question : à quoi servent les accords de défense ?

Ces accords, qui nous lient à de nombreux États de la planète, ont un objectif simple : ouvrir des champs de coopération avec les forces armées d'autres pays. Certains voudraient réduire la coopération à l'exportation de matériel de guerre. Certes, l'un des objectifs est bien de favoriser, à terme, les exportations d'armement français vers l'Albanie et Chypre. Mais est-il illégitime de vendre du matériel français destiné à répondre aux préoccupations de sécurité de deux pays qui, eux, ne sont pas des dictatures ? Est-il illégitime de contribuer, par nos exportations, à l'Europe de la défense ? Serait-il préférable que ces pays achètent du matériel américain ou, pire, russe ou chinois ?

Par ailleurs, les deux accords de défense qui nous sont soumis comprennent d'autres dimensions : l'échange d'expériences et de connaissances, la réalisation d'exercices militaires conjoints ou encore la formation des personnels, qui sont autant d'objectifs légitimes.

Prenons, pour commencer, le cas de l'accord avec la République de Chypre. Comme chacun le sait, Chypre est une île divisée depuis plus de quarante ans, et, malgré des séquences diplomatiques à répétition, aucun progrès d'envergure n'a été réalisé. Chacun regrette évidemment cette situation, et nous ne pouvons qu'appeler à la poursuite du dialogue entre les deux parties de l'île et les puissances garantes de l'État chypriote : la Grèce, la Turquie et le Royaume-Uni.

En attendant, Chypre fait face à une menace existentielle incarnée par la Turquie. Bien qu'elle soit la deuxième armée de l'OTAN en nombre d'hommes, la Turquie adopte une posture chaque jour plus agressive. Cette agressivité inquiète Chypre. Je rappelle que, depuis plusieurs mois, la Turquie a entrepris des forages pétroliers dans sa zone économique exclusive, en violation directe de la souveraineté chypriote. Le mois dernier, la Turquie est allée encore plus loin en signant un accord de délimitation maritime avec la Libye, dans lequel elle s'attribue la souveraineté sur une partie des zones économiques exclusives revendiquées par Chypre et par la Grèce.

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