Intervention de Olivier Véran

Séance en hémicycle du mardi 24 mars 2020 à 15h00
Questions au gouvernement — Lutte contre l'épidémie

Olivier Véran, ministre des solidarités et de la santé :

Monsieur le député, aller fort, aller vite, c'est ce que nous faisons depuis le premier jour. C'est par exemple ce que nous avons fait en Haute-Savoie – j'aurais pu le dire à Mme Duby-Muller – , voilà maintenant bien des semaines, lorsque de premiers cas sont apparus aux Contamines-Montjoie : immédiatement, sans aucun délai, des équipes étaient sur place pour tester 140 personnes, parents et enfants, parce que cinq autres avaient été contaminées – qui ont été hospitalisées et ont guéri. Ce foyer épidémique aurait pu s'étendre et faire de la France l'Italie. Ce n'est pas ce qui s'est produit parce que nous étions prêts et préparés. Lorsque je dis « nous », il s'agit avant tout des équipes des ARS, les agences régionales de santé, et de celles des ministères, des médecins et des hôpitaux, totalement mobilisés dès le début.

Une fois que l'épidémie est là et que le virus circule, vous savez très bien que c'est un phénomène naturel et que nous devons tout mettre en oeuvre pour enrayer sa forte propagation – c'est l'objet du confinement – et permettre à notre système de santé de soigner dans les meilleures conditions le plus grand nombre de patients, ce qui rendait urgent de libérer des places en réanimation. C'est la raison pour laquelle, avant même que ces services n'accueillent le moindre patient, nous avions demandé à tous les établissements publics, mutualistes et privés d'arrêter toute activité programmée, afin de pouvoir mobiliser des lits. Nous avons eu jusqu'à 2 000 lits vacants en réanimation à travers la France dans l'attente de l'afflux de malades dans les hôpitaux.

Cela nous a permis de nous préparer et de faire face, y compris dans des territoires soumis à une pression hors du commun – je pense à la région Grand Est. Nous avons pu monter un hôpital de campagne, transférer des patients à l'étranger, dans des pays voisins que je remercie pour leur solidarité, et d'en transférer par hélicoptère, par avion militaire ou par bateau depuis la Corse. Demain, un TGV médicalisé – c'est une première en Europe – transportera trente malades de Strasbourg et Mulhouse vers des territoires dans lesquels il y a de la place – car il y a de la place dans certains territoires. Tous les établissements de santé publics et privés sont mobilisés. Dans la région Grand Est, tous les services de réanimation le sont aussi.

Quant aux industriels, ils sont tous sur le pont. Nous avons fait voter l'état d'urgence sanitaire pour avoir les moyens légaux d'aller encore plus loin et encore plus vite.

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