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Intervention de François Ruffin

Séance en hémicycle du jeudi 22 octobre 2020 à 15h00
Projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2021 — Article 16

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaFrançois Ruffin :

Ces sous-amendements cosignés par mon collègue marcheur Bruno Bonnell sont issus de notre rapport d'information sur les « métiers du lien ». Il ne s'agit pas de provoquer le nécessaire bouleversement qu'appelle la situation de ces professions, mais de faire des premiers pas en faveur de ces femmes et ces hommes – de ces femmes, surtout – sur qui « notre pays, aujourd'hui, tient tout entier » et que « nos économies reconnaissent et rémunèrent si mal », pour reprendre les mots utilisés par le Président de la République.

Le sous-amendement no 2705 vise à instaurer, pour les aides à domicile, une heure de discussion collective hebdomadaire entre professionnels. Aujourd'hui, les auxiliaires de vie sociale travaillent chacune dans leur coin. Elles s'occupent de personnes âgées, parfois en fin de vie, sont exposées à des conflits et vivent des situations extrêmement difficiles. Il paraît donc important et nécessaire de leur donner une heure pour échanger sur leurs difficultés avec leurs collègues, leur hiérarchie et éventuellement des intervenants extérieurs. Nous avons des retours positifs sur ce genre de groupe. À Dieppe, par exemple, des auxiliaires de vie sociale nous ont dit : « Ce groupe de parole, pour rien au monde je ne le louperais ; même quand on est en vacances, on y va. » C'est un sas de décompression nécessaire pour éviter que chacune ne soit seule avec son téléphone portable.

Le sous-amendement no 2706 tend à mettre en place un congé de deuil. Lorsque les aides à domicile s'occupent pendant trois, quatre, cinq voire dix ans de la même personne âgée, la disparation de cette dernière est évidemment un choc, un traumatisme pour elles. Or, aujourd'hui, il leur est impossible d'assister aux funérailles sans puiser dans leurs jours de congés. Ce serait une simple mesure d'humanité que de leur attribuer une demi-journée pour se rendre aux obsèques.

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