Intervention de Christophe Blanchet

Séance en hémicycle du mardi 2 mars 2021 à 21h30
Moyens de remédier aux effets de l'épidémie de covid-19 sur la jeunesse

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaChristophe Blanchet :

Depuis un an, la jeunesse souffre, particulièrement les étudiants. Malgré les « chèques psy », ils souffrent en silence de l'isolement, de ne pas se voir, de ne pas étudier ensemble, de ne pas réfléchir ensemble, côte à côte, à leur avenir. Ils souffrent de ne pas embrasser leurs grands-parents et c'est pour sauver leur vie qu'ils acceptent, responsables et solidaires, toutes ces conditions depuis un an. Ils souffrent de ne pouvoir s'alimenter correctement même si, grâce à la solidarité, ils retrouvent l'appétit. Ils souffrent de ne pas faire ces fêtes étudiantes qui sont nos souvenirs, et non les leurs.

Ils souffrent de ne pas pouvoir gagner leur autonomie grâce à ces petits boulots, ces jobs d'été que nous avons tous effectués et qui, pour beaucoup, financent en partie l'année scolaire suivante et permettent aux jeunes d'exister. Le job d'été, c'est une période de la vie où le jeune adulte apprend le sens des responsabilités et fait des rencontres décisives, qui parfois influenceront sa vie entière. Le job d'été, ce n'est pas qu'une liasse de quelques centaines d'euros mais une énergie qui anime tous les secteurs économiques et culturels, de l'hôtellerie à l'événementiel. Festivals, cafés, hôtels, restaurants, discothèques, salons, traiteurs, théâtres, cinémas, et tant d'autres : qui n'a jamais fait appel à eux ? Et qu'en est-il des saisonniers dont l'agriculture a tant besoin ?

Depuis un an, madame la ministre, madame la secrétaire d'État, les jeunes de moins de 30 ans sont empêchés de construire leur vie d'adulte. Mais depuis un an, la donne a changé : le vaccin existe et il y a urgence, urgence à donner un calendrier clair et positif à ces jeunes si vous voulez continuer d'obtenir leur adhésion aux restrictions qui leur sont imposées ; urgence à éclairer l'avenir, sachant que la période de recrutement pour la saison estivale commence et que nous devons être clairs pour que chaque employeur ait des perspectives.

Tâchons d'anticiper plutôt que d'annoncer la réouverture la veille pour le lendemain. Pour ce faire, qu'en est-il, non pas du passeport vaccinal, mais du passeport sanitaire ? Cette approche permet en effet d'accélérer le retour à la vie, de jour comme de nuit, et d'apprendre réellement à vivre avec le virus, comme plusieurs autres pays nous le montrent. De plus, elle permettrait de fixer une date à partir de laquelle les jeunes pourraient s'émanciper et bâtir les fondations de leur avenir. C'est l'une des multiples réponses que les jeunes attendent !

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