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Intervention de Jean-Luc Mélenchon

Séance en hémicycle du lundi 29 mars 2021 à 16h00
Lutte contre le dérèglement climatique — Motion de rejet préalable

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaJean-Luc Mélenchon :

Enfin, il faut parvenir à la synchronie entre les cycles de l'activité humaine et ceux de la nature. Pour cela, il faut récupérer la propriété collective du temps collectif, aujourd'hui approprié par le cycle du temps court du capitalisme. La propriété collective du temps nécessite de remettre à l'ordre du jour la planification et la prévision : non par idéologie mais parce que cette approche est concrète. Le capitalisme vit aujourd'hui exclusivement dans le temps court ; la durée moyenne de détention d'une action est de vingt-deux secondes dans le marché globalisé. Or la nature vit dans le temps long : le renouvellement d'une forêt de feuillus prend 180 ans, mais on coupe tous les 40 ans. Le temps de l'industrie, c'est le temps long : il s'est écoulé sept ans entre la décision de créer le TGV et son premier lancement. Le temps long est aussi celui de la génération : 13 ans pour amener un jeune enfant de son entrée à l'école jusqu'au baccalauréat. La vie humaine, comme celle de la nature, est faite de cycles longs. Le droit d'intervenir sur ces cycles longs ne doit pas être réservé à ceux qui le possèdent par petites tranches dans le temps court où leur argent gouverne tout.

C'est de cela que l'on déduit les mesures à prendre. Nous avons besoin de temps long pour maîtriser le cycle de l'eau. Nous perdons un litre sur cinq et on me dit que c'est une bonne chose car les litres perdus retournent dans la nature, mais ils ne seront pas dans le même état car ils auront lavé les sols plein de pesticides. Il faut arrêter cette perte. Continuer à rénover les réseaux d'eau au même rythme qu'aujourd'hui demanderait 150 ans ! Nous n'avons pas 150 ans devant nous sur cette question ! C'est la raison pour laquelle nous organisons en ce moment même une votation citoyenne, sous l'autorité de ma collègue Mathilde Panot et d'une série d'associations, pour la propriété collective de l'eau et l'inscription du droit à l'eau dans la Constitution, comme l'avait proposé notre ami et camarade Evo Morales lors d'une séance plénière de l'assemblée générale des Nations unies.

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