Dans cette stratégie fort mal huilée, dont les ficelles sont un peu grosses, rien ne va. Tant de choses clochent que les Français, malgré – ou grâce à – vos explications, ne sont pas dupes. Nul besoin d'être Michaël Zemmour ou Patrick Artus pour vous le faire savoir, semaine après semaine, jour après jour – par exemple demain.
Cette réforme ne s'imposait pas mais est imposée au plus grand nombre au détriment de deux précieuses années de vie en bonne santé. Vous avez essayé de colmater les énormes brèches qui lui font prendre l'eau lorsque vous vous êtes aperçus tout à coup que si vous ajoutiez des années de travail à toutes et à tous, les victimes collatérales étaient, elles, déjà à terre. Je pense à tous ceux dont, malheureusement, les corps ne tiennent plus, qui aimeraient sortir indemnes de leur vie de labeur et dont, manifestement, passé un certain âge, on ne veut plus dans les entreprises.
C'est ainsi que vous avez créé l'index seniors, outil génial pour contraindre gentiment les employeurs en les dénonçant s'ils ne jouent pas le jeu, voire en les faisant payer s'ils ne respectent pas les règles. Je les vois trembler d'ici, comme ils ont tremblé et transpiré pour assurer l'égalité salariale homme-femme ou pour intégrer les personnes en situation de handicap. Sérieusement, qui peut y croire ? Un vrai travail de fond s'impose. Or l'article 2 est mal ficelé, nous savons qu'en l'état il se caractérise par son impuissance.
Par cet amendement, nous visons à supprimer ce dispositif déclaratif et inopérant.