Intervention de Noël Mamère

Réunion du 5 novembre 2014 à 9h00
Commission du développement durable et de l'aménagement du territoire

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaNoël Mamère :

Je suis rassuré quand je vous entends, madame Tubiana, mais je le suis beaucoup moins quand je vois la réalité. Car nous ne parviendrons pas à contenir à 2° C le réchauffement climatique si nous ne changeons pas de mode de développement, de mode de vie et de mode de pensée. La question se joue au niveau international, au niveau européen, mais aussi au niveau national. Or, en France, nous restons loin des engagements pris sur les énergies renouvelables à l'horizon 2020.

Deux cultures, deux visions du monde se font face, entre lesquelles une passerelle devra être jetée. D'un côté, le productivisme compte, pour vivre mieux, sur le maintien du statu quo et sur une croissance du type de celle des Trente glorieuses. De l'autre côté, la notion de « bien commun » s'impose de plus en plus, dans une perspective de respect de l'environnement et de la condition humaine.

En Amérique latine, les mouvements de lutte contre l'extractivité visent à protéger les ressources premières de la vie. Le même phénomène s'observe en Afrique. En France, les syndicalistes agricoles eux-mêmes peuvent accaparer les terres et diminuer la souveraineté alimentaire des paysans.

Pour tenir nos engagements, nous devons changer de logiciel, en instituant une fiscalité écologique, fondée sur le principe du pollueur-payeur, que la France continue de refuser. Quant à l'Europe, certes elle a pris des engagements, mais elle ne rejette que 13 % des gaz à effet de serre émis au niveau mondial. Pendant ce temps, le Japon, la Nouvelle-Zélande et la Russie ont abandonné le protocole de Kyoto.

Hier encore, au Canada, le Président de la République exaltait l'extraction des sables bitumineux. La tendance à favoriser des modes de vie dévastateurs pour la planète ne se dément pas, comme le montre le débat sur les gaz de schiste. Sortir de l'âge carboné est indispensable pour contenir à 2 °C le réchauffement climatique. Ce n'est pas faute de pierre que l'âge de pierre s'est effacé devant l'âge de fer, mais du fait d'une évolution anthropologique.

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