Intervention de Philippe Vitel

Séance en hémicycle du 4 février 2016 à 21h30
Développement régional de l'apprentissage

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaPhilippe Vitel :

Madame la présidente, madame la ministre, monsieur le rapporteur, mes chers collègues, que penser d’un pays développé, au système éducatif hautement sophistiqué, dont 140 000 jeunes sortent chaque année du milieu scolaire sans diplôme ni qualification ?

Que penser d’un pays qui compte 620 000 jeunes de 18 à 24 ans en grande difficulté, tranche d’âge dont le taux de chômage atteint 24, 6 %, le plus élevé depuis 18 ans ?

Que penser d’un pays qui est la cinquième puissance économique mondiale et dont près de 25 % de la population active ne peut accéder à une activité professionnelle pérenne alors que, chaque matin, plus de 400 000 emplois ne trouvent désespérément pas preneur ?

Que penser d’un pays qui assiste impuissant à la désertification de ses campagnes faute de la présence dans nos territoires ruraux de boulangers, de bouchers, mais aussi de plombiers, d’électriciens, de maçons, alors que tant de jeunes sont sans emploi et tant d’emplois sans jeune ?

Que penser d’un pays qui consacre près de 5 milliards d’euros par an à l’apprentissage mais dont le nombre de nouveaux contrats d’apprentissage baisse chaque année – moins 8 % en 2013, moins 3 % en 2014 ?

Le Gouvernement n’a pas été à la hauteur de la situation et la crise de l’apprentissage est profondément liée à son incohérence en matière de soutien aux entreprises, au moment où l’on préfère les emplois aidés plutôt que de parier sur la possibilité d’amener les jeunes sur le marché du travail par cette voie royale qu’est la formation d’apprentis.

Le texte que nous présentons aujourd’hui contient deux propositions très attendues et qui devraient être consensuelles : l’abaissement de l’apprentissage à l’âge de 14 ans et la volonté de confier totalement le pilotage aux régions qui, en devenant interlocuteur unique, pourront mieux adapter leur politique en la matière aux caractéristiques de leur territoire.

En ce qui concerne l’abaissement de l’âge, toutes les études convergent : l’irréversible décrochage se produit entre 14 et 15 ans, le plus souvent après un absentéisme parfois très long.

Il faut inciter nos adolescents à rester dans le système scolaire tout en leur permettant d’acquérir une formation plus concrète et plus professionnelle.

Le dispositif qui sera je l’espère adopté ce soir est très proche de celui que préconisait notre collègue et ami Gérard Cherpion, adopté en 2008.

Il prévoyait un accès à un dispositif de préapprentissage, le DIMA – dispositif d’initiation aux métiers en alternance – qui allait dans le sens de l’objectif recherché. Pourquoi l’avez-vous malheureusement retiré en 2013 ?

L’orientation précoce donne de bons résultats chez nos amis européens. L’Allemagne, connue pour son orientation très précoce des jeunes – dès10 ans – et la Finlande – orientation à 15 ans – finissent régulièrement parmi les premiers au palmarès de l’enquête internationale PISA.

Dans la même classe d’âge, 55 % de la population allemande est issue d’une formation en apprentissage, contre 5,1 % en France.

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