Intervention de Michel Barnier

Réunion du jeudi 9 juillet 2020 à 14h35
Commission des affaires étrangères

Michel Barnier, chef de la négociation avec le Royaume-Uni pour la relation future :

L'accord de retrait est un processus indépendant. Il est ratifié, il faut veiller à sa bonne application opérationnelle au 31 décembre. Nous maintenons la pression afin que les Britanniques soient plus précis et concrets sur les mesures concernant l'Irlande. Si l'application de l'accord de retrait n'est pas correctement préparée, cela créera un problème de confiance pour la relation future.

Ce sont les Britanniques qui sortent de l'Union européenne, et non l'inverse. J'espère qu'ils en ont bien mesuré toutes les conséquences s'agissant des chaînes de valeur et des chaînes de production. Tous les produits qui entrent dans le marché unique doivent être contrôlés et il n'y aura pas d'exemption, même si rien n'interdit de coopérer pour faciliter les choses.

L'accord binaire est tout le débat que nous avons avec les Britanniques. Ils veulent des accords spécifiques et distincts ; nous voulons un accord global, avec des modalités de règlement des conflits et des liens entre les accords. Ils veulent une gouvernance globale avec de multiples exemptions ; je réponds qu'il n'est pas question d'en faire une boîte vide.

Le Brexit ne sera jamais business as usual, ni pour les industriels, ni pour aucun autre secteur de l'économie. Sans accord avant le 31 décembre, les perturbations seront profondes. Il faudra se rabattre sur les cadres internationaux, quand ils existent, de l'Organisation mondiale du commerce (OMC). Nous allons accentuer la préparation des deux hypothèses avec les différents secteurs et les différents pays.

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