Intervention de Fabien Gouttefarde

Réunion du mercredi 22 juillet 2020 à 9h30
Commission de la défense nationale et des forces armées

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaFabien Gouttefarde, co-rapporteur :

Si la conception et le développement d'armes létales totalement autonomes sont donc technologiquement envisageables, leur emploi opérationnel l'est moins.

Ainsi que nous l'ont rappelé la plupart de nos interlocuteurs, tout système d'arme, qui plus est létal, doit s'intégrer dans une chaîne de commandement dont le respect est consubstantiel aux armées. Le chef militaire se doit donc de pouvoir reprendre la main sur une machine à tout moment, afin de lui donner de nouveaux ordres, d'annuler des ordres précédents ou encore de fixer de nouvelles règles opérationnelles. Il y a là une règle fondamentale de l'engagement militaire.

S'il est envisageable que le chef militaire puisse déléguer à une machine une partie de la conduite de la mission, conformément aux ordres établis, en aucun cas la décision de tir ne pourrait être confiée à un système autonome. Le chef militaire serait alors dans l'impossibilité d'évaluer la menace, et de mettre en balance sa connaissance du milieu et des règles d'engagement, ainsi que de la situation tactique d'ensemble.

Le développement des SALA est ainsi associé à une perte de contrôle, alors même que le chef militaire engage sa responsabilité en donnant l'ordre de tirer. Certains de nos interlocuteurs ont ainsi résumé le débat de manière lapidaire : pour les armées, françaises comme étrangères, c'est « ni Rambo, cet humain laissé à lui-même, ni Terminator, robot humanoïde totalement autonome ».

C'est d'ailleurs pour cette raison que nombre de spécialistes estiment que les SALA n'existeront jamais.

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