Intervention de Françoise Dumas

Réunion du mercredi 30 juin 2021 à 11h00
Commission de la défense nationale et des forces armées

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaFrançoise Dumas, présidente :

Monsieur Salvetti, nous vous recevons pour la première fois depuis votre nomination, il y a bientôt dix-huit mois, à la tête de la direction des applications militaires (DAM) du Commissariat à l'énergie atomique (CEA), que vous avez rejoint en 2005. Affecté, à votre arrivée, au département de conception et de réalisation des expérimentations, vous avez ensuite travaillé au sein de la direction des armes nucléaires, dont vous avez pris la direction en 2015. Le monde de la dissuasion ne vous était pas étranger puisque vous aviez précédemment travaillé durant vingt et un ans au sein de la direction générale de l'armement, où vous avez notamment piloté le programme d'ensemble Horus relatif à la composante aéroportée de la dissuasion.

Votre audition participe d'un cycle consacré à l'actualisation de la loi de programmation militaire.

Comme le souligne l'actualisation stratégique de 2021, nous sommes face au retour du fait nucléaire dans un monde où l'adoption par certains États de postures nucléaires opaques, voire tournées vers l'emploi, apparaît de plus en plus en rupture avec les codes classiques de la dissuasion en ce qu'elle relève de stratégies d'intimidation, voire de chantages, susceptibles de provoquer l'escalade.

Dans ce contexte, le renouvellement en cours des composantes de notre dissuasion retient d'autant plus notre attention que l'année 2021 revêt une importance particulière, pour la composante aéroportée, d'abord, avec la présentation au Président de la République des options capacitaires pour le remplacement du missile air-sol moyenne portée amélioré (ASMPA) et de son porteur, qui la soutiendront au cours des trente prochaines années ; pour la composante océanique, ensuite, avec le lancement en phase de réalisation du sous-marin nucléaire lanceur d'engins (SNLE) de troisième génération, successeur des sous-marins nucléaires lanceurs d'engins de classe Le Triomphant – nous étions du reste tous deux à Val-de-Reuil le 19 février dernier quand la ministre a annoncé ce lancement.

La dissuasion constitue la clé de voûte de notre défense ; or, la DAM se trouve elle-même au cœur de la dissuasion. Vous assumez ainsi la lourde responsabilité de garantir au Président de la République le bon fonctionnement de nos armes nucléaires. Cela s'appuie sur un processus complet qui inclut la conception, la simulation la fabrication et le retrait de service.

Ma première question concerne les principaux enjeux de l'approfondissement du programme Simulation ainsi que l'état et les perspectives de coopération avec le Royaume-Uni en la matière. Vous dresserez sans doute le bilan de la coopération franco-britannique autour de l'installation radiographique EPURE. Au-delà, pensez-vous possible et souhaitable d'approfondir notre coopération bilatérale autour du Laser Mégajoule ?

Ma seconde question a trait à votre mission de surveillance de la prolifération nucléaire, plus précisément le programme nucléaire iranien. La nouvelle administration américaine semble prête à œuvrer pour sauver l'accord de Vienne mais elle met en garde contre des négociations qui pourraient s'éterniser. D'après vous, l'accord de Vienne a-t-il encore un avenir ?

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