Intervention de Olivier Marcé

Réunion du jeudi 30 novembre 2017 à 9h00
Commission d'enquête chargée d'examiner les décisions de l'État en matière de politique industrielle, au regard des fusions d'entreprises intervenues récemment, notamment dans les cas d'alstom, d'alcatel et de stx, ainsi que les moyens susceptibles de protéger nos fleurons industriels nationaux dans un contexte commercial mondialisé

Olivier Marcé, délégué syndical pour la Confédération française de l'encadrement-Confédération générale de l'encadrement (CFE-CGC) :

Effectivement, et il arrive d'ailleurs de plus en plus souvent que la direction « France » ou les ressources humaines pour la France n'aient pas l'information dont disposent les salariés ou les représentants syndicaux : les directions « France » ne sont plus considérées comme des partenaires sociaux, mais tout au plus comme de simples exécutants, et toutes les décisions sont prises dans les centres Strategy & Business Development (S & BD). Et ce phénomène n'est pas propre à Nokia.

Pour ce qui est des lourdeurs, je vais vous donner un exemple. Travaillant chez Bell Labs, j'ai récemment voulu procéder à une ouverture de poste pour embaucher un thésard : pour cela, j'ai dû demander l'autorisation de six ou sept personnes … Les candidats sélectionnés vont passer entre cinq et neuf entretiens, au cours d'une procédure qui va durer de trois à six mois. Chez Facebook ou Google, une embauche pour un poste de ce type se fait en moins d'un mois – et à titre personnel, je peux vous dire que mon fils qui avait postulé chez Thales a été embauché dans la journée.

Le manque de représentativité du management français est une réalité : de moins en moins de décisions sont prises en France. J'ai demandé dernièrement à ce qu'on me communique la structure hiérarchique en France comparée à celle d'autres pays ; si nous l'obtenons un jour – peut-être à l'occasion d'un comité de groupe pour la France –, il sera intéressant de pouvoir vérifier si la France a bien des postes de responsabilité. Pour ce qui est de la partie Bell Labs, elle est clairement marginalisée : toutes les décisions la concernant sont prises à l'étranger.

Je vous rejoins concernant l'image de marque : celle de Nokia est un plus et c'est une des raisons principales pour lesquelles les organisations syndicales ne se sont pas opposées au rachat – c'était pour nous plutôt intéressant de passer sous le fleuron Nokia.

Enfin, à part la filiale des câbles sous-marins ASN, il n'y a plus d'industrialisation en France.

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