Intervention de Nathalie Elimas

Réunion du mardi 30 juin 2020 à 14h00
Commission des affaires sociales

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaNathalie Elimas :

Mes chers collègues, je tiens à saluer, au nom du groupe du Mouvement Démocrate, l'initiative de nos collègues du groupe Libertés et Territoires, grâce à qui un travail de fond va pouvoir être entrepris sur l'évolution des politiques publiques de santé environnementale. La tâche est vaste et je souhaiterais concentrer mon propos sur les cancers pédiatriques, sujet qui, je le sais, vous tient à cœur également.

Lors de l'examen de la proposition de loi visant à renforcer la prise en charge des cancers pédiatriques par la recherche, le soutien aux aidants familiaux, la formation des professionnels et le droit à l'oubli, j'avais souligné en tant que rapporteure la nécessité de développer la recherche sur les causes des cancers pédiatriques, qui demeurent largement méconnues, contrairement à celles des cancers de l'adulte. Je rappelle que 2 550 enfants tombent malades chaque année et que 500 n'y survivent pas. L'Institut national du cancer a récemment lancé un groupe de travail afin d'intervenir en amont pour mieux prévenir les cancers et les maladies graves de l'enfant. Pour soutenir cette démarche, il paraît essentiel de proposer systématiquement aux familles d'enfants diagnostiqués pour un cancer de participer à une étude épidémiologique au travers d'un questionnaire portant sur les conditions de vie, notamment environnementales. Des analyses sur site, en particulier au sein des principaux lieux de vie depuis la naissance, l'habitation ou encore l'école, pourraient être réalisées, ainsi que des prélèvements biologiques permettant notamment d'évaluer le taux de toxiques et polluants de tous ordres présents dans les cheveux et dans le sang. Potentiellement, ce sont 12 500 enfants et adolescents qui pourraient participer à une étude d'ampleur afin de consolider les théories environnementales régulièrement évoquées, notamment par l'Institut national de la santé et de la recherche médicale. Les pouvoirs publics pourraient ainsi élaborer des mesures concrètes lorsque cela est nécessaire, dans le cadre du principe de précaution. À l'heure actuelle, ce type d'études ne serait proposé qu'à deux familles sur dix. Il s'agit donc ici de volonté politique pour renforcer la lutte contre les cancers pédiatriques via la prévention. Cela a prouvé son efficacité pour les cancers des adultes.

Les équipes de chercheurs et les équipes médicales font un travail remarquable, mais depuis plusieurs années force est de constater que le nombre de décès d'enfants ne recule presque plus. Il est donc de notre devoir de ne pas négliger cette voie. J'espère que les travaux de cette commission d'enquête permettront d'avancer en ce sens.

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