Intervention de Marie Lebec

Réunion du mardi 11 décembre 2018 à 17h00
Commission des affaires économiques

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaMarie Lebec :

Monsieur le secrétaire d'État, Mesdames les présidentes, Monsieur le président, je veux vous remercier, au nom du groupe La République en Marche, pour l'organisation de cette audition commune. Le commerce extérieur intéresse effectivement nos trois commissions. Surtout, c'est un sujet majeur pour nos filières économiques, avec des enjeux de développement durable, comme nous l'avons constaté au cours des dix-huit premiers mois de la législature, notamment avec la mise en œuvre du CETA. Mes collègues y reviendront certainement.

Pour ma part, je souhaite vous interroger sur le message adressé aux Français, notamment aux entrepreneurs de nos territoires. Alors que les élections européennes approchent, de plus en plus de partis autrefois très favorables au commerce international, qui ont eux-mêmes signé ou approuvé l'engagement de négociations, changent radicalement de position et deviennent de fervents défenseurs du repli national. Or il me paraît essentiel de faire de la pédagogie, d'informer et de rappeler que le repli commercial sera très dangereux pour notre économie, notamment dans le contexte international actuel.

En ce qui concerne la défense du multilatéralisme commercial, la refonte de l'OMC ainsi que la négociation d'accords commerciaux ambitieux par une Union européenne souveraine, les positions du Président de la République mais aussi du Gouvernement sont claires. Quand les conditions ne sont pas réunies au regard de nos critères pour trouver un accord avec un partenaire, il faut pouvoir le dire et, éventuellement, en tirer les conséquences. Le message d'alerte adressé il y a quelques jours par le Président de la République à propos des négociations avec le Mercosur, alors que le nouveau président du Brésil pourrait remettre en question l'accord de Paris, me semble tout à fait justifié. Dans le même temps, quand un accord commercial remplit toutes les conditions, il faut l'assumer et le promouvoir pleinement dans nos territoires. À ce titre, je salue le travail très important engagé par les administrations à la demande du Gouvernement, notamment les douanes, souvent en partenariat avec les chambres de commerce et d'industrie (CCI) et les autres acteurs de l'export. Un an après l'entrée en vigueur provisoire du CETA, nous avons par exemple constaté la hausse de près de 10 % des exportations vers le Canada et un taux d'utilisation des préférences tarifaires de 46 %, alors que la moyenne européenne est de 29 %. Ces données sont très encourageantes : les entrepreneurs français commencent à s'emparer des possibilités offertes par l'accord. Un travail similaire devra s'engager dans quelques semaines à propos de l'accord avec le Japon qui offre de nombreuses possibilités, notamment agricoles. En visite, au Japon, il y a quelques semaines, j'ai senti un enthousiasme de la communauté française installée là-bas.

Cependant, j'ai le sentiment qu'il manque encore un discours volontariste en direction des Français et des entrepreneurs dans nos territoires, qui ferait la démonstration des possibilités qu'offrent ces accords. J'ai pu le constater moi-même lors de réunions que j'ai pu organiser localement avec les chefs d'entreprise. Sans cet effort, le discours de repli trouvera un terreau favorable. Les régions sont-elles bien associées avec les filières économiques, maintenant qu'elles sont chefs de file en matière d'accompagnement international ?

En tant que parlementaires, nous devons aussi faire notre autocritique. La publication des projets de mandat de négociation européen par la Commission européenne doit maintenant être l'occasion pour les députés d'avoir un vrai débat avec les filières européennes sur les orientations stratégiques des négociations et d'émettre des recommandations – vous avez engagé cette dynamique avec la commission des affaires étrangères. Nous devons aussi suivre l'avancement des négociations et être moteur du dialogue dans nos territoires

J'aurais souhaité avoir votre point de vue sur ces sujets, Monsieur le secrétaire d'État.

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