Intervention de Michel Castellani

Séance en hémicycle du vendredi 23 juillet 2021 à 15h00
Règlement du budget et approbation des comptes de l'année 2020 — Discussion générale

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaMichel Castellani :

Cela aurait été une avancée démocratique, indiscutablement. Notre groupe espère donc que le Gouvernement ne réitérera pas ce report massif à la fin de l'exercice 2021.

Une autre difficulté tient à la fragilité des finances publiques avant la crise. Les réformes structurelles nécessaires n'ont été engagées que de manière limitée en début de quinquennat. En outre, si les aides déployées en 2020 ont eu un coût élevé, leur efficacité n'a pas toujours été au rendez-vous. Cela résulte notamment de leur trop grande uniformité face à la diversité du tissu économique territorial.

Dès le début, notre groupe a demandé à renforcer la prise en considération des caractéristiques territoriales dans le déploiement des aides. Nous regrettons également la faible mobilisation du plan de relance en fin d'année 2020. Seuls 4,3 milliards ont été décaissés entre septembre et décembre, soit moins de 5 % du total ; c'était bien trop peu. Je me réjouis donc de voir que ce plan a retrouvé un rythme plus soutenu.

La priorité donnée à l'écologie m'apparaît cruciale. La sortie de crise ne pourra être réussie qu'à la condition de s'orienter vers une relance verte. En ce sens, je tiens à saluer en particulier le volet écologique de France relance. Au passage, j'espère que les sommes prévues pour la Haute-Corse seront effectivement affectées. Nous en avons besoin pour financer des projets essentiels de revalorisation du patrimoine naturel et des travaux de rénovation énergétique. Nous en avons besoin autant que d'autres territoires, bien entendu.

Cependant, si les dépenses consacrées à l'environnement sont en forte hausse, dépassant les 40 milliards, le budget vert reste grevé par la présence de dépenses néfastes pour l'environnement. Celles-ci empêchent de déployer pleinement les crédits nécessaires pour atteindre les objectifs à l'horizon 2030. Quoi qu'il en soit, notre groupe espère que le prochain PLF permettra d'accélérer ces mutations.

La situation nette de l'État est négative ; le total du passif dépasse désormais les 2 500 milliards d'euros et le rythme de progression du passif de l'État est bien plus soutenu que celui de l'actif. Là est le problème essentiel : comment ne pas nous inquiéter, d'autant que cette situation ne devrait pas s'améliorer en 2022 ? Le tiré à part qui nous a été remis la semaine dernière – très tôt dans la matinée – mentionnant 10,8 milliards supplémentaires pour les dépenses pilotables confirme cette direction. S'il est certain que ces hausses vont dans le bon sens, la question demeure récurrente : comment financer toutes ces mesures ? Je le répète, j'espère que les anticipations de croissance qui sous-tendent les budgets à venir se réaliseront, que les taux d'intérêt resteront stables et que le déficit du commerce extérieur ne se creusera pas davantage. Ce seront là les conditions d'une maîtrise de la trajectoire des finances publiques qui est à l'évidence indispensable et que nous souhaitons.

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