Intervention de Vincent Ledoux

Séance en hémicycle du vendredi 23 juillet 2021 à 15h00
Respect des principes de la république — Discussion générale

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaVincent Ledoux :

Depuis plus d'un siècle, la laïcité s'est imposée comme une valeur aboutie de notre histoire républicaine, qui ne fut pas un long fleuve tranquille – ou, plus exactement, comme la forme laïque de gouvernance que la France s'est donnée à l'issue d'une longue histoire conflictuelle, pour rendre à César et à Dieu la part qui leur revient respectivement. Sécularisée, vivace et moderne, la laïcité se trouve aujourd'hui confrontée à l'intégration de l'islam dans la communauté républicaine. Inaliénables, car ayant fait la preuve de leur grande efficacité, les valeurs de la laïcité à la française doivent être respectées et confortées pour être partagées par tous.

Conforter les principes, lutter contre les séparatismes, oui ! Car les menaces qui pèsent aujourd'hui sur la laïcité et la font parfois vaciller appellent un immense travail de sensibilisation et de pédagogie pour apprendre aux jeunes générations, et toujours à nous-mêmes, que – je cite Abd al Malik – « [l]a laïcité signifie que, dans la société, nous sommes définis par notre citoyenneté, et en aucun cas par notre religion. »

La laïcité est une valeur qui doit s'enseigner. Il s'agit de transmettre les bases d'une conscience démocratique et civique, une fierté républicaine que l'on croit disparue chaque fois que l'on désespère du collectif et qui resurgit avec force quand elle se trouve menacée ou traumatisée par un événement aussi foudroyant que l'assassinat de Samuel Paty. La laïcité, son histoire, sa solution inédite, ses bienfaits, sa vertu de paix et de pacification civile et idéologique, c'est à l'école qu'elle s'apprend, se transmet, s'expérimente.

Nous approuvons donc la sensibilisation des élèves au bon usage des outils numériques et des réseaux sociaux ainsi que l'instauration d'une journée de la laïcité, que j'avais appelée de mes vœux dans une proposition de loi.

Nous pourrions peut-être glisser à l'oreille du ministre de l'éducation nationale, de la jeunesse et des sports l'idée de lancer un concours national de la laïcité, véritable concours scolaire qui s'appuierait sur l'enseignement de l'éducation civique, de l'histoire et de la philosophie et qui, à l'image du concours national de la résistance et de la déportation, s'inscrirait dans une démarche d'éducation à la citoyenneté et formerait une composante essentielle du parcours citoyen de l'élève. Cette journée gagnerait à être relayée par les sociétés nationales de programmes que sont France Télévisions, Radio France et France Médias Monde, sans exclure les médias de droit privé qui pourraient s'en faire librement l'écho.

Nous pourrions d'ailleurs inviter les maires de Franc et tous les responsables des collectivités territoriales à organiser, à travers leurs associations, des moments de célébration et – pourquoi pas ? – de jubilation, comme à Tourcoing ou à Halluin où j'ai pu récemment, avec le maire et les représentants de toutes les confessions religieuses locales, planter un arbre de la laïcité.

Si la laïcité peut s'apprendre à l'école, elle doit aussi se célébrer dans la cité, avec joie et dans l'espérance des potentialités de paix sociale qu'elle recèle. L'historien spécialiste de la République, Michel Winock, l'affirme : « Le combat de la laïcité est compliqué, réclame patience et pédagogie. Mais il n'est pas perdu d'avance. » Il n'est pas perdu d'avance, mes chers collègues ! Alors, menons-le résolument. La création du délit de séparatisme nous dote d'un outil qui nous permettra de sanctionner tout acte d'intimidation à l'égard d'un agent public ou de toute autre personne chargée d'une mission de service public. Nous pouvons saluer cette avancée considérable.

Jacques Chirac a dit : « Dans la France pour tous, l'État républicain, c'est aussi la laïcité. » J'ajouterai modestement que la laïcité est la plus belle parure de l'État républicain et son plus solide et nécessaire rempart. C'est la raison pour laquelle, fier d'avoir pu contribuer à l'enrichissement de ce texte, le groupe Agir ensemble votera, avec un enthousiasme résolument républicain, en sa faveur.

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