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Intervention de Michel Larive

Séance en hémicycle du mardi 16 janvier 2018 à 21h30
Questions sur l'éducation et le recrutement des enseignants

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaMichel Larive :

Monsieur le ministre, Jean est enseignant en économie dans un lycée public, auprès de classes de seconde et de terminale. Pourtant, il n'a ni réussi un concours de l'enseignement, ni reçu une formation pédagogique, ni acquis une expérience professionnelle dans ce domaine. C'est un contractuel de la fonction publique, précaire, puisqu'il a été embauché à durée déterminée. Pour décrocher son poste d'enseignant, il s'est inscrit sur le site internet d'une académie, puis, quelques jours plus tard, il a été appelé par un chef d'établissement qui lui a proposé d'enseigner pour la première fois.

La pénurie d'enseignants formés engendre des situations de plus en plus inacceptables dans le recrutement au sein de l'éducation nationale. Ce recours aux enseignants sous contrat n'est bon pour personne, pas pour les enfants, notamment, qui ne reçoivent pas un enseignement digne du service public.

Nawal, vingt-sept ans et enseignante en CM1, rapporte au Figaro : « Ce sont les élèves qui, au fur et à mesure, m'ont indiqué où ils en étaient dans le programme. » Elle explique comment elle a remédié à son inexpérience : « Pour les évaluations, j'ai cherché sur internet. Je suis tombée sur des blogs de profs qui expliquaient leurs méthodes. »

La précarisation et la pénibilité du métier d'enseignant sont les conséquences de telles pratiques de recrutement.

Jocelyne François, représentante du SNES-FSU, fait part du désarroi des enseignants : « Certains contractuels, comme les mères célibataires, basculent dans la précarité lorsqu'un temps partiel leur est imposé. Beaucoup ont recours à des jobs alimentaires pour joindre les deux bouts. »

Monsieur le ministre, la politique de recrutement de l'éducation nationale est un échec. Là comme ailleurs, en corrélation avec l'augmentation de la population, le nombre d'enseignants fraîchement diplômés devrait croître pour couvrir les besoins de l'institution. De moins en moins de jeunes veulent faire ce métier, et les précariser sous contrat n'est pas la solution. Ma question, peut-être redondante mais importante, est la suivante : quelles sont vos intentions pour remédier à la pénurie de vocations dans l'éducation nationale et aux dysfonctionnements qu'elle entraîne sur le recrutement des enseignants ?

1 commentaire :

Le 19/01/2018 à 19:29, Laïc1 a dit :

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"Pour décrocher son poste d'enseignant, il s'est inscrit sur le site internet d'une académie, puis, quelques jours plus tard, il a été appelé par un chef d'établissement qui lui a proposé d'enseigner pour la première fois."

Pour connaître un peu la chose, je peux vous dire que le candidat est d'abord convoqué au rectorat pour un entretien avec quelqu'un du rectorat, en comptant une attente d'un mois et demi, et ce n'est qu'ensuite qu'il y a contact avec un chef d'établissement. Le parcours n'est pas aussi direct et amateur que cela.

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