Intervention de Joaquim Pueyo

Réunion du jeudi 6 juillet 2017 à 11h15
Commission de la défense nationale et des forces armées

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaJoaquim Pueyo :

Nous vous remercions pour votre intervention, Madame la ministre. Nous sommes tous d'accord pour considérer la lutte contre le terrorisme comme une priorité pour la France et pour l'Europe.

Pour ce qui est du budget, ma question rejoint celle de l'intervenant précédent : quelle sera la trajectoire qui permettra d'atteindre un budget des armées représentant 2 % du PIB, soit, tout de même, quelque 50 milliards d'euros en 2025. Or, pour 2018, le chef d'état-major des armées, le général de Villiers, réclame d'ores et déjà trois milliards d'euros supplémentaires dont un milliard pour les OPEX. Quid, par ailleurs, des crédits gelés, estimés à plus de deux milliards d'euros ?

Ma deuxième observation concerne la mise en oeuvre du service national obligatoire. Je reste très sceptique sur cette mesure : mobiliser 700 000 à 800 000 jeunes pendant un mois, pour quoi faire ? Si c'est pour renforcer le lien entre les armées et la Nation, des dispositifs ont déjà été mis en place comme la réserve opérationnelle, le service civique, le service militaire adapté, les établissements pour l'insertion dans l'emploi (EPIDE), les cadets de la défense. Instaurer un service national obligatoire me paraît compliqué compte tenu des contraintes budgétaires.

J'en viens pour finir à la politique de sécurité et de défense commune. La plupart des membres de la commission de la Défense de la précédente législature étaient favorables au renforcement de l'Europe de la défense, souvent invoquée mais qui n'existe toujours pas dans les faits – le traité de Lisbonne n'a pas été totalement mis en oeuvre sur ce point. Dès lors, définirons-nous une stratégie européenne ? Les besoins sont énormes. Déjà nous avions proposé de modifier le dispositif Athena, ce qui a été fait, si bien que l'Europe intervient désormais à Bamako pour former les militaires, les gendarmes et les policiers maliens. L'opération Sophia, en mer Méditerranée, permet quant à elle de venir en aide aux réfugiés qui quittent l'Afrique pour l'Europe dans de très mauvaises conditions. Les déficits publics des pays membres de l'Union européenne, on le sait, ne doivent pas dépasser 3 % du PIB ; aussi, êtes-vous favorable à la possibilité de ne pas prendre en compte, dans le calcul de ce déficit, les sommes considérables que dépensent certains États pour cette Europe de la défense ? J'ai déjà posé cette question à plusieurs reprises à votre prédécesseur, sachant que si la France y est disposée, d'autres pays le sont moins.

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