Intervention de Delphine Batho

Réunion du jeudi 29 mars 2018 à 9h40
Commission du développement durable et de l'aménagement du territoire

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaDelphine Batho :

M. Bertrand Pancher a évoqué les revenus des agriculteurs. Le centre d'études biologique de Chizé – du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) –, celui-là même qui a publié il y a une dizaine de jours cette étude sur les oiseaux, a montré, au terme d'un travail de recherche conduit dans de vraies exploitations agricoles avec de vrais agriculteurs, qu'avec une division immédiate, par deux, des intrants, les rendements sont identiques et les revenus des agriculteurs augmentent. Autrement dit, les bases du débat sur les alternatives sont en fait toutes assez faussées et ne correspondent pas à la réalité du terrain. Quant à l'impact sur la santé et la biodiversité, il n'est contesté que par les firmes qui produisent cette substance.

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a classé « cancérogène probable » le glyphosate. Le même jour, elle classait également « cancérogène probable » le malathion. Dans les vingt-quatre heures, celui-ci était interdit en France par le gouvernement français. En revanche, plus de trois ans plus tard, le glyphosate n'est toujours pas interdit.

Vous parlez de la situation du monde agricole, mais qu'est-ce qui se raconte sur le terrain ? « Macron a dit, mais ne vous inquiétez pas ! On verra dans sept ans, dix ans, vingt ans… » En fait, pour la biodiversité, chaque minute qui passe compte. Il faut donc, effectivement, un peu de courage, mais le monde agricole a aussi le droit qu'on le prévienne des décisions qui seront prises.

Nous avons une espèce de no man's land d'ambiguïté qui s'organise savamment. On connaît les techniques. Je vous avais signalé un problème à propos de l'amendement CD182. Visiblement, l'Union des industries de la protection des plantes (UIPP) a eu accès à cet amendement et à d'autres – un amendement de M. Matthieu Orphelin, des amendements du groupe La France insoumise – avant qu'ils soient officiellement publiés. J'ai tout l'argumentaire de l'UIPP, je le mettrai en ligne le moment venu.

Nous allons passer au vote, mais je pense qu'il n'est plus possible de tergiverser sur cette question.

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