Intervention de Marion Lenne

Réunion du mardi 10 avril 2018 à 17h00
Commission des affaires étrangères

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaMarion Lenne :

Ma question a trait à l'accord euro-méditerranéen signé entre l'Union européenne et l'Algérie en 2005 – à l'époque, madame la commissaire vous étiez députée européenne. Cet accord d'ancienne génération a réduit voire supprimé dans certains cas les barrières tarifaires entre l'Union et l'Algérie. Cette libéralisation des échanges s'est accompagnée de coopérations renforcées dans certains domaines et a permis d'instaurer un canal de dialogue régulier sur des sujets sensibles. Pourtant, depuis quelques mois, l'Algérie a décidé de réduire ses importations par plusieurs mesures fortes, dont la suspension de l'importation de 851 produits, l'élargissement de la liste des marchandises assujetties à la taxe intérieure de consommation, le relèvement des droits de douane et la suppression du système des licences d'importation. La position de l'Algérie est claire : elle entend améliorer la compétitivité des produits locaux face aux produits importés, valoriser ses recettes budgétaires sur les opérations d'importation de certains produits de luxe et rétablir l'équilibre de sa balance des paiements. Comment l'Union européenne, troisième puissance commerciale du monde, perçoit-elle ces choix ?

J'en viens à la filière de la menuiserie extérieure, très porteuse en France, notamment dans ma circonscription, le Chablais savoyard. Certains groupes algériens profitent d'une situation avantageuse, puisque la catégorie de la menuiserie n'est frappée par aucun droit de douane. À titre d'exemple, M. Issad Rebrab, président-directeur général de Cevital et dirigeant de plusieurs entreprises de fabrication en France et en Algérie, promeut la « colocalisation », par opposition à la délocalisation. Il s'agit selon lui d'un modèle économique de développement gagnant-gagnant pour l'Algérie et ses partenaires, qui permet aux chefs d'entreprise de valoriser au mieux les avantages comparatifs des deux rives de la Méditerranée. En effet, grâce aux avantages combinés de la France et de l'Algérie, il est possible, dans certaines filières comme la menuiserie, de recréer des groupes compétitifs à l'échelle mondiale au détriment de nos productions européennes. L'Union compte-t-elle remédier à cette situation défavorable pour ses fabricants de portes et fenêtres, ou assume-t-elle pleinement le fait que ce secteur est laissé à l'avantage de l'Algérie ?

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