Intervention de Jean-Luc Mélenchon

Séance en hémicycle du jeudi 20 décembre 2018 à 15h00
Mesures d'urgence économiques et sociales — Motion de renvoi en commission

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaJean-Luc Mélenchon :

Je suis heureux que mes propos vous fassent rire à gorge déployée, parce que vous aurez à rendre bientôt compte de vos rires.

Il est clair que ce surgissement démocratique et que cette passion pour vérifier la règle du jeu sont ce que les Français ont de plus précieux : nous formons une République qui a la passion de l'égalité, de la liberté et de la fraternité. C'est une très grande leçon que le peuple donne à tous ses dirigeants, lorsqu'il se passionne pour connaître la façon dont la décision est prise et savoir comment il peut peser sur elle.

La Constitution de 1958 a répondu aux défis immenses de l'époque. Elle a tellement été modifiée – vingt-cinq fois, dont vingt-deux sans que la modification ait été votée par le peuple – , que nous sommes en droit d'affirmer aujourd'hui, sans porter atteinte aux mânes de qui que ce soit, qu'il vaudrait peut-être la peine de revenir dessus, mais sans le faire à partir des propositions d'un groupe d'experts, comme ce fut le cas à l'époque, tellement la situation était tendue, voire insurrectionnelle. Certains de nos collègues, sur les bancs de cet hémicycle, s'en souviennent peut-être plus particulièrement, parce que cette histoire leur appartient pour une bonne part.

La situation actuelle est différente : ce serait le moment de permettre au peuple lui-même de s'impliquer dans la définition de la règle du jeu. Lorsque le peuple devient constituant, non seulement il est sorti de la phase destituante, dans laquelle nous nous trouvons actuellement, mais il s'autodéfinit également en tant qu'acteur politique de l'histoire de sa patrie. Il se reconnaît des droits, organise les pouvoirs, détermine aussi ce qu'il ne sera plus jamais possible de modifier parce qu'inscrit dans la déclaration des droits.

D'aucuns, en effet, s'alarment de ce que le référendum permettrait de voir remis en cause des acquis qu'ils considèrent, et moi avec eux, comme des points irréversibles du progrès de notre droit. Il suffirait de les inscrire dans la Constitution ou parmi les sujets relevant de dispositions particulières pour être de nouveau soumis à un débat, et l'affaire serait réglée.

La règle d'un démocrate et d'un républicain est de n'avoir jamais peur du peuple. Le peuple est la solution aux problèmes et, d'ailleurs, nous en venons.

2 commentaires :

Le 25/12/2018 à 20:00, Laïc1 a dit :

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"Je suis heureux que mes propos vous fassent rire à gorge déployée, parce que vous aurez à rendre bientôt compte de vos rires."

Ils montrent ainsi leur vrai visage de totalitaires en herbe. Et après ils vont vanter la démocratie, cette bande d'hypocrites.

Vous trouvez ce commentaire constructif : non neutre oui

Le 25/12/2018 à 20:01, Laïc1 a dit :

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"La règle d'un démocrate et d'un républicain est de n'avoir jamais peur du peuple. Le peuple est la solution aux problèmes et, d'ailleurs, nous en venons."

Un LREM, dès qu'il entend le mot "peuple", il part en courant...

Vous trouvez ce commentaire constructif : non neutre oui

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